Expliquez-nous, France info

Expliquez-nous... A quoi sert l'UNESCO

Alors que l’UNESCO a désigné sa nouvelle directrice générale et que les Etats-Unis et Israël viennent de quitter l’institution, franceinfo se penche sur le rôle et les missions de cet organe de l’ONU.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
La future directrice générale de l\'UNESCO, la Française Audrey Azoulay, devant le siège de l\'institution à Paris.
La future directrice générale de l'UNESCO, la Française Audrey Azoulay, devant le siège de l'institution à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Un objectif fixé dès le lendemain de la seconde guerre mondiale  

L'UNESCO, organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, a été fondée en 1945, avec l'ambitieux objectif de "contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l'éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations afin d'assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion".   

Cet objectif se poursuit désormais avec 193 Etats membres et dix membres associés. Il y en avait 195 jusqu'au retrait des Etats Unis et Israël. Les missions sont élaborées de son siège, à Paris, dans le septième arrondissement, mais aussi dans le monde entier via 50 bureaux, instituts et centres. L'UNESCO emploie plus de 2000 personnes dans le monde  

Des missions très larges  

L'une des principales missions de l’UNESCO est d'œuvrer à l'accès du plus grand nombre à l'éducation. Elle est aussi connue pour ses actions en faveur de la sauvegarde du patrimoine mondial, culturel et naturel de l'humanité. Un millier de sites  -832 biens culturels, 206 sites naturels- sont inscrits sur la liste de patrimoines à préserver  

L'Unesco travaille aussi à la constitution d'une bibliothèque numérique mondiale, d'un registre mondial du patrimoine documentaire, d'un réseau d'échanges universitaires, est également, entre autres, à l'origine d'une déclaration universelle sur la diversité culturelle, de conventions sur le droit d'auteur, d'une déclaration sur la bioéthique ou les données génétiques humaines et d'un important travail de lutte contre le racisme.  

En 1956, l'Afrique du Sud de l'apartheid s'était d'ailleurs retirée de l'UNESCO, estimant qu'elle interférait dans les problèmes raciaux du pays. Elle n'est revenue qu'avec Nelson Mandela en 1994.  

Histoire chaotique d’une institution très politique  

Organisation multilatérale par excellence, aux missions politiquement sensibles, lieu de luttes d'influences, l'UNESCO a subi bien des turbulences, notamment pendant la guerre froide.  

Elle voit parfois s'opposer aussi des Etats souhaitant être fidèles à la raison d'être intellectuelle et quasi philosophique de l'institution et d'autres qui la perçoivent plus comme un organe de coopération technique. La principale crise a eu lieu au milieu des années 80 avec le départ des Etats Unis, suivis par la Grande Bretagne, les deux pays mettant en avant des carences de gestion et jugeant l'institution trop politisée.  

Des missions à redéfinir sur fond de contraintes budgétaires  

La problématique est aussi financière. Le budget annuel de 326 millions de dollars est financé par les Etats membres. Les Etats-Unis et Israël ne payaient plus leurs cotisations depuis 2011 -depuis la reconnaissance de la Palestine comme Etat membre- ce qui représentait un cinquième du budget en moins.

Le Japon, gros contributeur, n'a pas acquitté sa quote-part l'an dernier.  

Un ancien ambassadeur européen à l'UNESCO concluait récemment: "L'organisation a été détournée de son mandat, est devenue la caisse de résonance de conflits internationaux, ce qui se traduit par une véritable prise d'otages politique et financière".

La future directrice générale de l\'UNESCO, la Française Audrey Azoulay, devant le siège de l\'institution à Paris.
La future directrice générale de l'UNESCO, la Française Audrey Azoulay, devant le siège de l'institution à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)