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Et maintenant. Nos vies en ligne

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Le confinement a accéléré les usages en ligne, qu'il s'agisse d'acheter, d'apprendre, de se cultiver ou de communiquer

Article rédigé par
Alexandre Kouchner - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Cours de cuisine en ligne, dispensé par Jill Strauss, le 26 juin 2020 à Kennebunkport, aux Etats-Unis. (GETTY IMAGES)

franceinfo : Et maintenant, tout se fait-il en ligne ? Avant le confinement, le numérique était présent dans nos vies. Durant le confinement, est-il devenu notre vie, Alexandre Kouchner ?

Alexandre Kouchner : Finis les apéros connectés dont on se réveille avec une gueule de Skype ! Terminées les réunions sur Zoom où on ne portait pas de pantalon ! Finie la honte de ne pas maitriser le programme du collège en suivant les cours à distance ! Même si vous êtes en en vacances, si vous vous êtes juré de décrocher, vous n’avez sans doute pas complètement quitté Internet. Pendant 55 jours, nous avons délocalisé notre vie en ligne. Que va t-il rester de cette accélération de la numérisation de notre société ?

Les premières conséquences concernent évidemment notre vie professionnelle ?

Entre cinq et huit millions de salariés se sont mis au télétravail pendant le confinement et d’après un sondage, 73% d’entre eux souhaiteraient continuer à le faire. A tel point que certaines entreprises ont du mal à convaincre leurs collaborateurs de revenir. Notre vie personnelle a aussi basculé. Les groupes "whatsapp" familiaux se sont multipliés et vous n’avez plus d’excuses pour ne pas prendre de nouvelles de vos parents. Les achats en ligne ont explosé. Et notre vie culturelle n’est pas en reste entre les 10 millions de visites au Louvre virtuel et les 16 millions de nouveaux abonnés à Netflix.


Honnêtement, rien de tout cela n’est pourtant nouveau …

Non, mais c’est un point de bascule. C’est la fin de la transformation digitale et de la distinction entre vie réelle et virtuelle. Quand le monde s’est arrêté, les fonctions vitales sont passées en ligne. La connexion n’est plus accessoire mais impérative professionnellement et personnellement. Les cours à l’université pourraient se poursuivre en ligne à la rentrée. Les professeurs devront disposer du matériel et des compétences pour s’adapter, les étudiants aussi. Fournir aux salariés tous les outils et les formations nécessaires au travail à distance est désormais un impératif pour les entreprises. Couvrir l’intégralité du territoire en connexion très haut débit ne peut donc plus être une vague promesse électorale mais un enjeu social et économique majeur. Accompagner les 17% de Français en situation d’illectronisme et équiper les familles ne disposant pas d’outils informatiques sont devenus des questions de solidarité nationale. Notre vie numérique est désormais un acquis social. Il aura fallu une pandémie pour que la France, pays technocritique où l’on se méfie des GAFAM, achève sa revolution numérique.

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