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En route vers Paris 2024. Orléans, terre de tous les fantasmes

Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, est en pleine préparation pour les JO de Tokyo en 2020. Elle nous fait vivre de l’intérieur le quotidien d’un sportif de haut niveau.

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En 2018, l\'équipe de France a fété son titre de championne du monde sur ses terres lors de la coupe du monde d\'Orléans.
En 2018, l'équipe de France a fété son titre de championne du monde sur ses terres lors de la coupe du monde d'Orléans. (AUGUSTO BIZZI)

Ce week-end s'est tenue la Coupe du monde de sabre dames à Orléans. La compétition revêt un enjeu très important car en plus de vouloir briller à domicile, les sabreuses ont l'occasion de marquer des points dans la course à la sélection olympique. Notre chroniqueuse, Cécilia Berder, membre de l'équipe de France d'escrime a été battue hier samedi 23 novembre, en 8e de finale. Une compétition à haut risque pour ces athlètes. "Orléans, souligne Cécilia, peut être aussi le lieu de grandes désillusions".

Retrouvez tous les résultats de la compétition ici.

"Orléans, c'est mon club. C'est la ville où j'ai atterri à 16 ans, après avoir quitté le cocon familial pour intégrer une structure fédérale.

Cette Coupe du monde de sabre dames reste la compétition de mes premiers plus beaux succès sur la scène internationale, mais c'est aussi le lieu de grandes désillusions. Évidemment, une défaite à Orléans ne ressemble en rien à une défaite à l'autre bout de la planète."

Après sa neuvième place en individuel, Cécilia s'est rapidement reconcentrée pour l'objectif par équipe, qui reste cette saison, de terminer à l’une des quatre premières places du classement mondial ou finir meilleure nation européenne, avant le mois d’avril pour décrocher une qualification olympique.

Cécilia Berder (à droite) en plein combat lors de l\'étape de coupe du monde de Sabre d\'Orléans
Cécilia Berder (à droite) en plein combat lors de l'étape de coupe du monde de Sabre d'Orléans (Fabrice Rigobert Radio France)

Les championnes du monde 2018 ont laissé passer leur chance de faire un grand pas vers les Jeux. La faute à une petite touche qui a manqué contre l’Ukraine en quart de finale du tournoi par équipe 45/44. Il a fallu ensuite trouver des ressources pour dominer l’Espagne, puis l’Italie, afin de sauvegarder l’essentiel en prenant la cinquième place du tournoi dans cette compétition dominée par la Russie, impériale, devant la Corée du sud, et l’Ukraine.

 "Par équipe, l’objectif était de terminer à Orléans entre un et  quatre" , explique Cécilia, "et on finit 5e. Alors deux solutions s’offrent à moi. Soit je m’apitoie sur mon sort en me disant que la vie est trop injuste, ou je trouve une autre solution. Je cherche dans les détails, j’attise ma curiosité, car oui, ça c’est joué à un détail et j’aime ce mot, "détail", parce que techniquement et tactiquement nous sommes toutes très proches, maintenant le détail ça va être un bras un peu plus relâché, une position un peu plus précise, c’est ce détail là que je dois creuser."

je voulais gagner.

Cécilia Berder

à franceinfo

"Ce week-end est très décevant alors que l’on perd d’une touche, et que ça se joue à pas grand-chose, mais ce détail, je ne peux pas me permettre de dire que ce n’est pas grand-chose, que la pièce n’est pas tombée du bon côté, non je dois être plus performante, je dois être meilleure, oui, il y a des gens qui me disent que c’est encourageant que c’était bien, mais non, ce n’est pas ça que je voulais faire, je voulais gagner, et je n’ai pas gagné donc je suis déçue et je sais que je peux faire mieux."  

 Tout ce week-end Cécilia et ses camarades de l’équipe de France ont pu compter sur un soutien inconditionnel du public, de leurs familles.

"C’est très positif parce que c’est rare qu’ils puissent se déplacer, d’avoir sa petite nièce qui court dans vos bras parce qu’elle est contente, que nous ayez gagné ou perdu, qu’il y ait les parents, frères, c’est très positif. Ils savent ce que c’est que le sport, ce que c’est que l’escrime, après, à domicile, il faut aussi faire attention à toutes les distractions. Les gens vous demandent des autographes, des photos alors que vous êtes en train de vous mettre dans votre bulle, ça fait partie de l’escrime, c’est atypique, on peut venir vous voir, vous toucher à la pause.

C’est à double tranchant, quand vous avez tout ce public dans votre dos qui vous soutien, ça fait peur à l’adversaire, moi je suis quand même contente, c’est rare de pouvoir s’exprimer à domicile, mais j’ai quand même raté quelques petits trucs qui font que ce week-end est décevant."  

Les championnes du monde de sabre 2018 unies dans les moments plus compliqués.
Les championnes du monde de sabre 2018 unies dans les moments plus compliqués. (Fabrice Rigobert Radio France)

La qualification olympique n’est bien sûr pas perdue. Ce dimanche soir, les sabreuses tricolores ont rétrogradé à la troisième place du classement avec 28 points d’avance sur les Ukrainiennes, 35 sur les Hongroises et la saison est encore longue.

"Il reste deux grosses étapes. On part dans trois semaines aux États-Unis à Salt Lake City" rappelle Cécilia, "trois semaines pour penser, pour réfléchir, l’entraîneur nous a donné des devoirs à la maison. Il nous a demandé de revenir dans quelques jours, chacune avec une idée pour être un peu plus forte pour ce prochain rendez-vous. À moi de faire en sorte que la pièce tombe du bon côté. Je dois être plus précise, c’est moi qui dois trouver les détails, c’est moi qui tiens mon sabre, c’est moi qui porte mon masque et même si ce week-end est décevant, il y a plein d’enseignements et je suis sûre qu’on sera plus forte la prochaine fois. La qualification olympique par équipe permettra de décrocher à coup sûr trois places individuelles d’où l’importance du collectif."

Chez les messieurs les épéistes qui se sont imposés à Bern ont quasiment validé leur ticket.  

En 2018, l\'équipe de France a fété son titre de championne du monde sur ses terres lors de la coupe du monde d\'Orléans.
En 2018, l'équipe de France a fété son titre de championne du monde sur ses terres lors de la coupe du monde d'Orléans. (AUGUSTO BIZZI)