En route vers Paris 2024, France info

En route vers Paris 2024. A la découverte de l'escrime

Chaque semaine, Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, vous invite à découvrir un sport olympique ou paralympique avant de les admirer lors des Jeux de Paris en 2024. 

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La Française Cecilia Berder (à d.), lors de la finale de la Coupe du monde de sabre à Moscou, le 14 juillet 2015.
La Française Cecilia Berder (à d.), lors de la finale de la Coupe du monde de sabre à Moscou, le 14 juillet 2015. (MAXPPP)

"L’escrime c’est pas mal mais je n’y comprends rien". Chaque escrimeur a déjà entendu cette phrase. Mon challenge ? Vous expliquez en trois minutes l’essentiel sur ce sport.

L’escrime c’est d’abord trois armes : l’épée, le fleuret et le sabre.

Il existe deux différences majeures entre ces armes : la zone où l’on peut toucher son adversaire et la manière dont on peut le toucher.

Aujourd’hui, à l’occasion de la coupe du monde de sabre à Orléans ce samedi 28 octobre, focus sur le sabre.

L’arme des cavaliers

Au sabre, on a le droit de toucher son adversaire simplement au-dessus de la ceinture. Pour mieux visualiser cette règle, il existe un moyen mémo-technique simple. Il faut imaginer les cavaliers sur leur cheval et il est interdit de viser les jambes pour ne pas blesser la monture.

Le buste, les bras, le dos et la tête représentent ainsi les zones valables.

Pour toucher son adversaire : aucun interdit. Vous pouvez le pointer, le trancher contrairement au fleuret et à l’épée où le tireur est obligé de toucher avec sa pointe. Ainsi, les gestes des sabreurs peuvent être plus amples, ce qui leur vaut parfois une réputation de bourrin.

Comment choisir son arme ?

L’avantage de l’escrime est que chaque personnalité peut y trouver son bonheur. Si vous vous lancez dans le sabre, il y a un petit pré-requis indispensable : il vous faudra de l’explosivité, un côté bagarreur bien développé et un esprit de stratège capable de réagir dans l’urgence.

Le sabre peut se définir comme le 100 mètres de l’athlétisme. L’assaut va très vite et vous n’avez que quelques secondes pour prendre une meilleure décision que votre adversaire.

La règle de la priorité

La règle la plus compliquée à comprendre reste celle de la priorité. Lors d’un match, si vous avancez sur votre adversaire, vous êtes considéré comme attaquant, donc comme prioritaire. Si vous vous touchez en simultané, le point sera pour vous, l’attaquant.

Le défenseur doit se débrouiller pour faire échouer l’attaque. Plusieurs solutions existent : une parade, une feinte, une contre-attaque. Si  l’attaque échoue, le défenseur devient attaquant et récupère la priorité.

On peut comparer cela à une conversation courtoise entre deux individus bien élevés qui parlent chacun leur tour.

Le premier arrivé à 15 points gagne le match.

Du sabre d’abordage au sabre d’escrime

On connaît les sabres d’abordage, des pirates, des cavaliers ou des hussards. Le sabre des escrimeurs est apparu à la fin du XIXème siècle.  

Ce sont les Italiens qui ont introduit pour la première fois le sabre léger. Il pèse en moyenne 500 grammes. Mais encore aujourd’hui l’arme, en tout cas la discipline continue d’évoluer. Pour preuve, en 1988, les sabreurs sont passés à un équipement électrique qui permet de matérialiser la touche. En clair, d’allumer la lampe rouge ou verte. Il n’y avait alors plus besoin de donner des coups trop forts pour prouver à l’arbitre qu’on avait bien touché son adversaire.

Dernier point historique pour devenir un expert de la discipline: le sabre masculin a fait son apparition aux Jeux en 1896 mais il a fallu attendre 2004 pour les femmes aux Jeux d’Athènes.

La Française Cecilia Berder (à d.), lors de la finale de la Coupe du monde de sabre à Moscou, le 14 juillet 2015.
La Française Cecilia Berder (à d.), lors de la finale de la Coupe du monde de sabre à Moscou, le 14 juillet 2015. (MAXPPP)