En randonnée dans les Cévennes, dans un village riche de ses combats passés

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Cet été, franceinfo vous emmène sur les chemins de randonnée partout en France. Première étape sur le GR 70, qui traverse le massif cévenol et notamment le village de Saint-Germain-de-Calberte, lieu de résistance contre le pouvoir royal puis contre l'occupation nazie. 

Article rédigé par
Boris Loumagne - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Le parc national des Cévennes recèle des paysages magnifiques mais il fut aussi le théâtre de deux résistances, contre la royauté puis contre le régime nazi. (JEAN-MARC QUINET / MAXPPP)

Le chemin de Stevenson passe par Saint-Germain-de-Calberte, un paisible village niché au coeur des Cévennes. À l'ombre des platanes, c'est l'heure du repas sur la place principale. On entend le brouhaha, le bruit des couverts. Mais il y a plus de 300 ans, c'était un tout autre tintement, celui des épées et des glaives. 

"C'est une véritable guérilla qui s'est propagée dans toutes les montagnes, dans ce qu'on appelait les Hautes-Cévennes", raconte Robert Benoît. L'historien connaît par coeur l'épisode de la guerre des camisards. En 1685, l'édit de Nantes est révoqué. 90 % des habitants de la commune n'ont alors plus le droit de pratiquer leur religion, le protestantisme. Ils se révoltent contre le pouvoir royal. "Ce n'est pas qu'une question religieuse, c'est aussi une question d'identité, de liberté collective et de liberté personnelle", précise-t-il. 

La liberté, l'indépendance sont des valeurs chères aux habitants de la vallée, comme le symbolisent des cimetières privés, éparpillés un peu partout sur la commune.

Les protestants ne voulaient pas être enterrés dans les cimetières catholiques. Ils ont triché et improvisé ces petits enclos.

Robert Benoît, historien

à franceinfo

Des juifs cachés pendant la guerre

Quelques siècles plus tard, durant la Seconde Guerre mondiale, c'est dans un presbytère du village que furent cachés des juifs et des communistes par deux habitants de la commune. "Le pasteur Martin et l'instituteur, M. Mourgues, ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour masquer l'origine de ces gens", rappelle l'historien. 

Ces deux épisodes historiques, les camisards et la Résistance, se confondent presque dans la mémoire des habitants cévenols. Ainsi, Robert Benoît raconte que "dans la topographie, il y a beaucoup de grottes des maquisards qui étaient des grottes des camisards, ou inversement. On ne sait plus finalement ce qui appartient à l'un ou l'autre." Camisards, maquisards, voilà ce qui participe de cette fierté cévenole : des caractères frondeurs épris de liberté. 

En randonnée dans les Cévennes, dans un village riche de ses combats passés - Reportage de Boris Loumagne
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