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Un ONG publie une cartographie des sites d'exécutions publiques en Corée du Nord

Des centaines d'habitants sont aussi forcés d'y assister.

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Deux soldats nord-coréens près de la frontière avec la Chine, en mai 2017.
Deux soldats nord-coréens près de la frontière avec la Chine, en mai 2017. (MAXPPP)

En Corée du Nord, les exécutions publiques et les condamnations à mort arbitraires continuent, affirme une ONG à Séoul. Elle a établi une cartographie indiquant plus de 300 sites d’exécutions. Un travail d’enquête monumental, qui vise à faciliter le travail des juges le jour où les dirigeants nord-coréens responsables seront poursuivis en justice.

Des exécutions dans des stades ou des cours d'école

En tout, 318 sites d’exécutions publiques et 25 sites d’inhumation des corps en Corée du Nord ont été identifiés par l'ONG "Groupe de travail sur la justice de transition", qui a interviewé 610 réfugiés nord-coréens. Selon son rapport, ces exécutions ont lieu le long de rivières, dans des stades ou des cours d’école, le plus souvent par arme à feu. "Quand je vivais au Nord, j’ai assisté à ma première exécution publique quand j’avais 8 ans", explique Oh Sehyek, un transfuge qui a contribué à la collecte de ces données et qui a assisté à ces exécutions, comme des centaines d'autres personnes, parfois sous la contrainte. 

"Dans mon cas, ce n'était pas obligatoire", poursuit le Coréen. "J’étais juste curieux, je voulais voir à quoi cela ressemblait. Mais parmi les réfugiés que nous avons interviewés, certains ont dit que la cheffe de leur district allait de maison en maison pour obliger les gens à y assister. Dans les écoles, des classes sont emmenées par leur professeur voir les exécutions."

La peine de mort pour avoir regardé une chaîne sud-coréenne

Les crimes passibles de la peine capitale en Corée du Nord sont le meurtre, le vol, la corruption et les activités "antirévolutionnaires", comme par exemple regarder la télévision sud-coréenne ou se rendre illégalement en Chine.

Avec ce travail documenté, l'ONG souhaite aider des pays dictatoriaux à devenir plus démocratiques, notamment en poursuivant en justice les responsables de ces atrocités. "L’objectif le plus important de ce rapport, c’est d’envoyer un signal fort aux dirigeants nord-coréens, de faire pression sur eux pour qu’ils changent leur politique", confie Lee Young-hwan, son fondateur et directeur. "Kim Jong-un et ses subordonnés seront un jour poursuivis en justice, grâce à ce type de travail de documentation. Cette base de données est aussi importante pour les familles des victimes, pour qu’elles puissent retrouver les corps de leurs proches. Elles ont droit à de vraies funérailles."

La Corée du Nord a réagi à la publication de ce rapport en se contentant d’accuser les États-Unis d’avoir un bilan pire que le sien en matière de droits de l’Homme.

Deux soldats nord-coréens près de la frontière avec la Chine, en mai 2017.
Deux soldats nord-coréens près de la frontière avec la Chine, en mai 2017. (MAXPPP)