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L'Égypte ressuscite, le temps d'un concert, l'icône de la chanson arabe Oum Kalthoum

La légende de la musique arabe, Oum Kalssoum, est de retour, 45 ans après sa mort... pour un concert en hologrammes. Le fantôme de la diva d'origine Egyptienne va réunir au Caire ce vendredi plus d'un millier de personnes.

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La chanteuse égyptienne Oum Kalthoum, lors d\'un concert à l\'Olympia, à Paris, le 16 novembre 1967.
La chanteuse égyptienne Oum Kalthoum, lors d'un concert à l'Olympia, à Paris, le 16 novembre 1967. (STRINGER / AFP)

Quarante-cinq ans après sa mort, le surnom d'Oum Kalthoum semble toujours aussi actuel. Celle que l'on surnomme "L'Astre de l'orient" va se produire devant une salle comble vendredi à l'Opéra du Caire, grâce à un hologramme. Ce concert est une première dans la capitale égyptienne et se jouera à guichets fermés : les 1 200 places sont parties en quelques jours.

La voix des indépendances arabes

La carrière d'Oum Kalthoum est un mythe. La petite paysanne du delta du Nil a appris la chanson en imitant son père, imam de campagne, et ses récitations du Coran. Elle monte ensuite au Caire au début des années 20 et débute alors une carrière pleine de gloire. Trente ans plus tard, au tournant des années 50, Oum Kalthoum devient la voix des indépendances arabes. Enfin, en 1964, près de dix ans avant sa mort, elle enregistre l'un de ses morceaux les plus célèbres, en français Tu es ma vie.

Après toutes ses années, comment expliquer qu’Oum Kalthoum continue de faire salle comble ? L’un de ses surnoms donne un début d'explication : on l’appelle "la quatrième pyramide d’égypte". Mais celle qui fut comparée notamment à Edith Piaf ou à Maria Callas a étendu sa notoriété non seulement dans son pays, l'Égypte, mais plus largement dans tous les pays arabes. Elle est associée aux espoirs d’une époque, celle du président Nasser et du panarabisme. Enfin, elle a aussi su transcender les classes sociales et les traditionnalismes : c’est une femme puissante qui s’est imposée dans un univers masculin.

Des concerts qui pouvaient durer jusqu'à cinq heures

Un autre de ses surnoms montre l'ampleur de la marque qu'elle a laissée en Egypte : "la cantatrice du peuple". Jusqu’à aujourd’hui, elle fait partie du quotidien des Égyptiens, comme le confirme la ministre égyptienne de la culture Inès Abdel Dayem :

On l'entend beaucoup dans les maisons des Égyptiens, mais aussi dans les cafés. Les gens aiment beaucoup écouter Oum Kalthoum. Et puis encore aujourd'hui il y a beaucoup de jeunes qui assistent aux concerts en son honneur

Ines Abdel Dayem, ministre égyptienne de la Culture

à franceinfo

Ses concerts justement sont restés mythiques : ils pouvaient durer jusqu’à cinq heures. Elle y interprétait généralement seulement trois chansons, très longues, et sa voix était portée par un orchestre. Ce vendredi, c’est un format réduit qui est prévu, son hologramme ne devrait apparaître qu'une quinzaine de minutes. Puis deux chanteuses - en chair et en os cette fois - prendront le relais.

La chanteuse égyptienne Oum Kalthoum, lors d\'un concert à l\'Olympia, à Paris, le 16 novembre 1967.
La chanteuse égyptienne Oum Kalthoum, lors d'un concert à l'Olympia, à Paris, le 16 novembre 1967. (STRINGER / AFP)