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En Russie, les ours polaires envahissent l'archipel de la Nouvelle-Zemble

Les habitants de l'archipel de la Nouvelle-Zemble, au nord de la Russie, sont forcés de vivre avec de nouveaux locataires, des ours blancs, déplacés par la fonte des glaces.

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Un ours polaire (illustration).
Un ours polaire (illustration). (ALAIN PONS / MAXPPP)

Ils n’avaient pas assisté à un tel phénomène depuis près de 40 ans. Les habitants de la Nouvelle-Zemble, le grand archipel russe, situé au nord-est du pays, au-delà du cercle polaire, voient leurs villages envahis depuis plusieurs semaines par les ours polaires.

Les enfants limitent leurs sorties 

Le village principal de l’archipel, Belouchia Gouba, qui abrite aussi une caserne et des soldats russes, aurait reçu durant ces dernières semaines, la visite au total d’une cinquantaine d’ours polaires. La vie des habitants s’est réorganisée pour prendre en compte cette présence, qui, au mieux interpelle, au pire inquiète réellement. Les transports des enfants à l’école ont été encadrés et sécurisés, et chacun limite ses sorties à l’essentiel.

En cause, le réchauffement climatique et les déchets laissés à l'abandon

Pour Mikhail Stishov, le coordinateur des projets sur la biodiversité dans l’Arctique au sein du Fonds mondial pour la nature, cette invasion des ours polaires dans les villes de Nouvelle-Zemble est dûe au réchauffement climatique. Les plantigrades doivent en effet passer plus de temps à chercher leur nourriture donc ils vont aux endroits où ils en trouvent facilement.
Les négligences des habitants dans le traitement des ordures ménagères jouent également un rôle, selon le spécialiste. 

L’animal est protégé et ne peut pas être abattu. Des spécialistes ont été dépêchés sur place pour endormir les ours et les transporter loin des habitations. À au moins deux heures d’avion, précisent les autorités locales car les déplacer d’une trentaine de kilomètres ne servirait qu’à les faire revenir, là où ils sont certains de trouver de la nourriture.

Le tigre de Sibérie se rapproche lui aussi des habitations

Mais il n'y a pas que les ours polaires qui inquiètent. Le tigre de Sibérie se rapproche dangereusement des habitants. Cette variété de tigres qui vit dans d’immenses forêts le long du fleuve Amour, à l’extrême est de la Russie s’est rapproché de la région de Primor'ye, au nord de Vladivostok. 

Les fauves sont apparus dans plusieurs villages, obligeant l’administration locale à mettre en garde les habitants qui doivent immédiatement prévenir les autorités à la vue du prédateur. "Plusieurs tigres se promènent dans le village", déclare Natalia Kolesnikova, une habitante de Melnichny, sur le site d'actualité Gazeta.ru qui diffuse une vidéo de la promenade d’un tigre marchant tranquillement le long d’une route à proximité. À l’origine du phénomène, là encore, des zones moins enneigées que les années précédentes font fuir les tigres de leur habitat naturel car ils manquent de nourriture.

Un ours polaire (illustration).
Un ours polaire (illustration). (ALAIN PONS / MAXPPP)