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"On espère pouvoir faire venir plus de voyageurs" : en Palestine, la pratique de l'escalade prend de l'ampleur

Malgré l’occupation, l’escalade prend de plus en plus de place sur les falaises autour de Ramallah. Un espace de liberté né il y a quatre ans dans un quotidien de contraintes.

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Plusieurs sites et deux salles ont été équipés pour la grimpe à Ramallah et Bethlehem. Un club organise régulièrement des sorties de groupe.
Plusieurs sites et deux salles ont été équipés pour la grimpe à Ramallah et Bethlehem. Un club organise régulièrement des sorties de groupe. (ETIENNE MONIN / RADIO FRANCE)

Dans le village palestinien d'Ein Qiniya, situé au nord de la Cisjordanie, les collines surplombent les figuiers et les champs d'oliviers. C'est là que les amateurs d'escalade se donnent rendez-vous. Au pied d'une petite falaise de calcaire, un groupe de grimpeurs se prépare, encadré par Tyler Myers, qui dirige aujourd'hui le club d'escalade Wadi climbing, créé il y a quatre ans.

Avant son arrivée, l'escalade n’existait pas en Palestine, mais depuis, le sport a sensiblement gagné du terrain :"On a sept ou huit différents sites de grimpe, et sans doute plus de 250 voies équipées", raconte Tyler Myers. "On a un topoguide pour la Palestine qui va bientôt sortir. On espère qu’il va pouvoir montrer la qualité de l’escalade ici, et faire venir plus de voyageurs. Pas seulement pour grimper, mais aussi pour se rendre compte de l’occupation et du contexte régional", ajoute-t-il.

Ça me rend vivante, c’est un challenge vis-à-vis de moi-même.

Yara

à franceinfo

Dans le groupe des débutants, il y a des internationaux, mais aussi des Palestiniens. La plupart ont maintenant un niveau qui leur permet de grimper seul. Yara fait sa troisième sortie en falaise. "C’est une des rares choses à faire dans ce pays", explique-t-elle. "Ici, on n’a pas vraiment d’activité, parce qu’en Cisjordanie, c’est culturel, il n’y a pas ce genre de pratiques. Et en Israël, on ne parle pas hébreu, alors on ne sait pas où trouver les activités", ajoute la jeune femme.

Le club Wadi climbing est basé à Ramallah. Il est adossé à une belle salle de grimpe, équipée à l’époque par des gens venus spécialement du Colorado.
Le club Wadi climbing est basé à Ramallah. Il est adossé à une belle salle de grimpe, équipée à l’époque par des gens venus spécialement du Colorado. (ETIENNE MONIN / RADIO FRANCE)

La plupart des voies ont été équipées dans les secteurs qui sont censés être administrés par les Palestiniens, mais ça reste un peu surprenant de voir ce type de sport dans un secteur sous très forte contrainte. "C’est un peu bizarre, mais c’est très important que les Palestiniens fassent cela parce qu’ils méritent aussi de faire des choses normales", explique Neuri, qui a la double nationalité, palestinienne et allemande. "Ils devraient avoir le droit d’avoir cette liberté de faire de l’escalade", affirme-t-il.

Le club Wadi climbing est basé à Ramallah. Il est adossé à une belle salle de grimpe, équipée à l’époque par des gens venus spécialement du Colorado.

Plusieurs sites et deux salles ont été équipés pour la grimpe à Ramallah et Bethlehem. Un club organise régulièrement des sorties de groupe.
Plusieurs sites et deux salles ont été équipés pour la grimpe à Ramallah et Bethlehem. Un club organise régulièrement des sorties de groupe. (ETIENNE MONIN / RADIO FRANCE)