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En Israël, une politique de l'eau est menée pour économiser et dessaler l'eau

Rapidement confronté au manque d'eau, Israël a développé aujourd'hui certaines stratégies pour pallier ce problème et réduire drastiquement sa consommation d'eau, tout en rendant potable celles qui ne le sont pas.

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De l\'eau traitée est versée dans un réservoir de la ville de Besor, dans le désert du Néguev, le 26 juin 2013.
De l'eau traitée est versée dans un réservoir de la ville de Besor, dans le désert du Néguev, le 26 juin 2013. (YIN DONGXUN / XINHUA / MAXPPP)

Comment développer un pays sans véritable ressources en eau ? La question devient centrale avec le changement climatique. L’Organisation mondiale de la santé estime que la moitié de la population mondiale vivra dans un secteur où l’eau risque de manquer dans sept ans. Israël fait partie de ces pays qui, très tôt, se sont retrouvés confrontés au manque d’eau.

La technologie pour contourner le problème

Sauf qu'aujourd’hui, le pays est devenu un modèle dans la production et la gestion des ressources en eau, principalement pour deux raisons. D'abord, l’eau et la conquête du désert ont très tôt été une source de préoccupations. Aussi, Israël s’appuie sur la technologie pour contourner le problème.

Derrière tout cela, il y a une politique de l’eau. La colonne vertébrale de cette politique peut être vue dans une usine aux portes du désert du Néguev, dans un kibboutz. Elle porte le nom de Netafim et a créé un procédé d’irrigation révolutionnaire qui permet d’économiser drastiquement la consommation d’eau. Ce procédé est visible partout dans le pays. Il s'agit d'un goutte-à-goutte qui donne une quantité mesurée d’eau et de fertilisants aux racines. Cette société est devenue une multinationale et son procédé à donné naissance à une industrie de l’eau, explique Shelo Tunik, pionnier dans l’entreprise Netafim : "Autour de notre idée, celle de mettre un goutte à goutte sur les racines de plantes, il y a eu l'émergence d'une grande industrie, indique Shelo Tunik. Avec des valves automatiques,des contrôleurs automatiques, des filtres automatiques : c'est devenu l'agriculture digitale !"

Le climat a changé la donne

Israël a des instituts de recherche pour optimiser l’utilisation de l’eau, recycle presque 90% de ce qui est consommé par les collectivités et les ménages et a construit cinq usines de dessalement et fournissent à elles seules 70% de l'eau potable consommée dans le pays. Ces réserves sont notamment complétées par le lac de Tibériade qui est utilisé comme un grand réservoir. Les autorités estimaient, il y a cinq ans, que le pays était autonome jusqu'en 2025. Toutefois, le climat a changé la donne.

Les sécheresses à répétition poussent Israël à revoir sa politique. "Dans le nord du pays, on a toujours eu plus d'eau que dans le centre ou dans le sud, explique Uri Shor, porte-parole de l'autorité de l'eau. Mais ces cinq dernières années, le nord n'a presque pas eu de pluie. C'est un changement totalement nouveau et il faut s'adapter. On pense que dans quelques années, on aura encore une situation différente. Donc nous répondons à cela par la technologie, le savoir et notre expérience." Le pays mise donc sur le dessalement. Deux nouvelles usines devraient etre construites et le gouvernement compte doubler sa production d’eau d’ici 10 ans pour garantir son indépendance.

De l\'eau traitée est versée dans un réservoir de la ville de Besor, dans le désert du Néguev, le 26 juin 2013.
De l'eau traitée est versée dans un réservoir de la ville de Besor, dans le désert du Néguev, le 26 juin 2013. (YIN DONGXUN / XINHUA / MAXPPP)