En Inde, les chrétiens veulent célébrer Noël comme d'habitude malgré le Covid-19

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L'Inde est pour l'instant peu touchée par le variant Omicron et s'apprête donc à passer des fêtes de Noël avec moins de restrictions qu'en 2020.

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Radio France
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Une vendeuse place des décorations de Noël dans son magasin de Chennai (Inde), le 20 décembre 2021.  (ARUN SANKAR / AFP)

En Inde comme dans le reste du monde, les chrétiens s'apprêtent à célébrer Noël. Dans le deuxième pays le plus peuplé au monde, qui compte 24 milions de chrétiens, l'épidémie de Covid-19 semble connaître une accalmie après une terrible seconde vague liée au variant Delta. Les fidèles s'apprêtent donc à fêter Noël avec moins de restrictions que l'an passé et à en profiter. 

Dans la rue à Bangalore, dans les bars, les restaurants et les mariages, la discipline se relâche quelque peu car les cas sont au plus bas. Dans cette ambiance de retour à la normale, les fidèles n’ont qu’une envie : profiter à nouveau des fêtes entre proches. "Le 24, à minuit, nous irons prier à la messe et le lendemain c'est la fête", détaille ce fidèle chrétien rencontré près de la basilique Sainte-Marie, dans le quartier de Shivajinagar. "J’ai prévu d’inviter beaucoup d’amis autour d’un repas délicieux à la maison. Ils seront au moins 100 à venir chez nous !"

Le révérend de cette paroisse protestante veut lui aussi regarder vers l’avenir. "Nous n’avons pas pu fêter la nativité de Marie en septembre à cause du confinement. Les gens s'agglutinaient autour de l’église, pleuraient et demandaient pourquoi ils ne pouvaient pas rentrer", se souvient-il. La perspective de Noël est plus réjouissante. "Désormais, le gouvernement nous autorise à rassembler 500 personnes. Nous allons faire trois messes : une pour ceux qui parlent tamoul, une pour ceux qui parlent Kannada et une pour les anglophones."

Un répit bienvenu pour l'activité économique

Pourtant, derrière cet optimisme règne une certaine anxiété. L’Inde compte officiellement encore très peu de cas du variant Omicron mais les autorités veulent à tout prix éviter le fiasco de mai 2021 et du variant Delta. Durant cette période, le gouvernement avait sous-estimé la deuxième vague. Personne ne peut donc encore exclure un couvre-feu pour les fêtes.

Malgré tout, ce répit dans l'épidémie est le bienvenu pour l'activité économique du pays. Il n’y a qu'à se rendre sur les nombreux marchés de Noël qui fleurissent à Bangalore pour s’en rendre compte. "J'ai commencé par peindre les murs chez moi parce que je ne pouvais plus supporter les actualités autour de la pandémie. Aujourd’hui, je vends mes œuvres sur un marché de Noël !", se réjouit ainsi Sushmita, 34 ans, sur le très chic marché organisé dans le Taj Mahal Hotel de la ville. "Il n’y aucun problème de Covid-19 ici, assure-t-elle. Nous suivons toutes les règles de précautions sanitaires."

Le responsable de cette foire commerciale se frotte les mains devant le retour des visiteurs. "Je suis hindou mais en Inde on fête tous les célébrations religieuses. En octobre, j’ai organisé un marché et à peine 600 personnes sont venues. Rien qu’aujourd’hui, il y en a eu 3 000 ! Les gens sont confiants. Si les cas augmentent, on prendra une troisième dose."

Les experts, eux, restent sur leur garde. En Inde, seuls 40% de la population ont reçu deux doses de vaccin. Beaucoup espèrent que l’immunité collective protège les Indiens d’un retour de la pandémie. Mais l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde : le variant Omicron se propage rapidement, y compris dans les pays avec des niveaux élevés d'immunité.

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