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En Hongrie, des habitants de Budapest ne supportent plus les touristes fêtards

Budapest est la nouvelle coqueluche des fêtards, mais les habitants en ont ras-le-bol, notamment dans une partie du centre ville qui accueille 500 bars sur 1 km2.

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Des bars ouverts toute la nuit attirent de nombreux fêtards dans une partie du centre de Budapest (illustration) 
Des bars ouverts toute la nuit attirent de nombreux fêtards dans une partie du centre de Budapest (illustration)  (MAXPPP)

À 5 heures du matin, dans le 7e arrondissement de Budapest, la fête bat son plein. En plein centre-ville de la capitale, les clubs sont ouverts toute la nuit et le quartier attire des fêtards de toute l'Europe venus s'amuser à moindre frais. Les riverains, eux, enragent. Ils vont justement pouvoir s’exprimer, dimanche 18 février, lors d’un référendum local, en répondant à cette question : "Voulez-vous que les bars ferment au plus tard à minuit ?"

Ce qui explique cet engouement des touristes pour Budapest, c’est l'aspect financier. On peut y louer un appartement pour 30 euros la nuit, la bière (ou le verre de vin) coûte 1,5 euro et les concerts sont gratuits dans les clubs. Depuis quelques années, la ville est devenue la capitale des enterrements de vie de garçon, notamment pour les Britanniques. Ces derniers viennent par groupe de 40 personnes. 

500 bars sur 1 km2

Le revers de "la médaille", c'est que cela provoque beaucoup de nuisances. "Sous vos fenêtres, tous les soirs, vous avez des hordes de gens qui hurlent", décrit Julie Szontag, une franco-hongroise qui habite le quartier depuis 20 ans. Au-delà du bruit, il y a la saleté. "Tous les matins les rues sont inondées d’ordures et ne parlons même pas des gens qui pissent sur les portails, poursuit Julie. Vous avez des dealers aussi. Dans certaines rues, on en trouve tous les cinq ou dix mètres. Ils sont en fait reliés aux chauffeurs de taxi : vous pouvez essayer la drogue avant de l’acheter, dans le taxi. Il y a beaucoup de délinquance alors que la ville était très sûre pendant des années, et qu'il n’y a jamais eu de criminalité ou de délinquance ici, comme à Paris ou à Londres. C’est vraiment dommage."

Ce quartier du centre-ville de Budapest est tout petit - 1 km2 seulement - mais on y trouve plus de 500 bars, dont 330 ouverts la nuit. Pour les riverains comme Julie, la vie est devenue insupportable. Auparavant, tous les établissements devaient fermer à minuit, mais en 2013, sous la pression des propriétaires de bars, la mairie de l'arrondissement les a autorisés à ouvrir toute la nuit. C’est cette mesure qui a entraîné une explosion du tourisme. 

Une consultation vouée à l'échec ?

Le référendum de dimanche ne va pas forcément régler tous les problèmes. D'abord, pour que la consultation soit valide, il faut que plus de 50 % des électeurs de cet arrondissement votent "oui" ou "non". Il n'est pas sûr que suffisamment de votants se déplacent car seul un petit pourcentage des habitants de l'arrondissement vit dans ce quartier festif.

Ensuite, ce tourisme nocturne rapporte beaucoup d'argent et plusieurs de ces bars et bistrots appartiennent à des cercles proches du Premier ministre Viktor Orban, selon une enquête menée par le média indépendant hongrois Atlaszo. Avec autant d'argent en jeu, beaucoup de résidents sont pessimistes : ils pensent que les autorités vont laisser traîner les choses en l'état pour les pousser à déménager. Budapest compte 2 millions d'habitants au total. L'an dernier, la capitale hongroise a accueilli 3,5 millions de touristes, deux fois plus qu'il y a huit ans.

Des bars ouverts toute la nuit attirent de nombreux fêtards dans une partie du centre de Budapest (illustration) 
Des bars ouverts toute la nuit attirent de nombreux fêtards dans une partie du centre de Budapest (illustration)  (MAXPPP)