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En Hongrie, alors que le chômage galope, les amis du Premier ministre s’enrichissent grâce aux aides publiques

Le gouvernement de Viktor Orbán s’efforce de maintenir l’économie à flot grâce à des réductions de charges sociales pour les entreprises et des exemptions d’impôts pour les moins de 25 ans. Mais ce sont surtout les cercles proches du pouvoir qui profitent de l’aide.

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Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le 11 décembre 2020.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le 11 décembre 2020. (FRANCISCO SECO / POOL)

Depuis le début de la pandémie, le gouvernement hongrois a investi trois fois plus d’argent dans la construction de stades de sport que dans la santé publique. Il va notamment faire bâtir un nouveau stade national pour 500 millions d’euros alors qu'on estime à près de 100 000 le nombre de Hongrois qui ont perdu leur emploi depuis le début de la pandémie.

Qui profite de tout ça ? Des amis de Victor Orbán. L’un de ces hommes d’affaires Lörinc Mészaros était il y a quelques années, un simple plombier chauffagiste dans le village natal du Premier ministre. Aujourd’hui, il est l’homme le plus riche de Hongrie ! L’opposition le soupçonne même d’être l’homme de paille de Viktor Orban. En tout cas, Mr Mészaros possède énormément d’entreprises dans le bâtiment, mais aussi dans l’énergie et l’hôtellerie. Et l’État vient de lui donner 50  millions d’euros pour rénover ses hôtels. Grâce à la pandémie, ce protégé de Viktor Orbáan est de plus en plus riche.Un amendement passé inaperçu ôte tout contrôle sur les fondations et entreprises d’État

Le gouvernement hongrois a en effet profité de la crise du Covid-19 pour modifier la constitution et redéfinir de façon surprenante le secteur public. L’amendement a été voté le 16 décembre, en même temps qu’une avalanche de lois liberticides. Il est donc passé inaperçu. Avec cet amendement, L’argent public se limite aux dépenses et aux créances de l’État. Pour l’ONG Transparency International, cela veut dire que les actifs des fondations et des entreprises d’État, par exemple la société nationale d’électricité, ne relèvent plus des fonds publics.

Quelles sont les conséquences ? Réponse de Jozsef Péter Martin, directeur de Transparency international en Hongrie : "Le parlement a un pouvoir de contrôle. Nous aussi, à Transparency International, on demande à vérifier les comptes des fondations et des entreprises d’État."

"Si elles ne répondent pas, on leur fait un procès. Mais avec cette modification de la constitution, on ne pourra plus faire ça ! C’est inquiétant, le gouvernement échappe au contrôle des citoyens."

Jozsef Péter Martin, directeur de Transparency international en Hongrie

à franceinfo

Pour le directeur de cette ONG, cette redéfinition de l’argent public est la porte  ouverte à plus de corruption en Hongrie. Les fondations publiques pourront être privatisées au bénéfice des fidèles du parti au pouvoir sans aucun contrôle.

La Hongrie classée avant-dernier pays le plus corrompu d'UE depuis l'arrivée d'Orban

Pour l’instant, pas de réaction officielle de la Commission européenne. Transparency International espère que Bruxelles lancera une procédure contre la Hongrie. Jeudi 28 janvier 2021, l’ONG, observatoire de la corruption, publiera son index annuel de perception de la corruption, sorte de classement des pays les plus – et les moins - vertueux. La Hongrie est le pays d’Europe centrale qui a le plus dégringolé dans le classement. En matière de corruption, la Hongrie est passée de la 20e à l’avant-dernière place des pays de l’Union européenne, durant les mandats de Viktor Orban.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le 11 décembre 2020.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le 11 décembre 2020. (FRANCISCO SECO / POOL)