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En Espagne, la guerre des taxis contre les VTC fait rage

À Madrid, le conflit se durcit, alors qu'à Barcelone deux plateformes, en concurrence avec les taxis, ont annoncé jeudi l'arrêt de leurs services de réservation. 

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Des taxis en manifestation contre les VTC à Madrid, le 27 janvier 2019.
Des taxis en manifestation contre les VTC à Madrid, le 27 janvier 2019. (GABRIEL BOUYS / AFP)

Depuis le 21 janvier, les chauffeurs de taxi de Madrid, en Espagne, sont en grève pour réclamer un renforcement de la réglementation pour les voitures avec chauffeur. Comme dans d'autres villes européennes, où la concurrence fait rage, ils exigent notamment une limitation des licences accordées aux VTC.

Un VTC pour cinq taxis à Madrid

Les grévistes voudraient voir passer cette proportion à un pour trente. Ils protestent en particulier contre les applications Uber et Cabify qu’ils accusent de concurrence déloyale. L’été dernier, un mouvement collectif avait déjà gagné plusieurs villes espagnoles. La grève avait été levée lorsque le gouvernement central avait décidé de laisser les autorités régionales réguler le secteur. Mais six mois plus tard, rien n’a changé dans la capitale espagnole, selon Santiago Simón, secrétaire général de la Fédération professionnelle des taxis de Madrid. "Ils se sont moqués de nous, lance-t-il. La conseillère régionale aux Transports a déclaré le 13 décembre dernier devant le Parlement régional qu’elle ne voyait aucune raison de réguler les VTC, alors qu’il y en a déjà 6 500 à Madrid." L'organisation professionnelle évoque aussi "une baisse des revenus d’environ 30% par jour". "Et, en plus, chaque jour, on voit comment les VTC déambulent devant nous et nous volent des clients", insiste Santiago Simón.

Une lassitude évidente des plaignants

Le quotidien El País a publié le 31 janvier un article au titre éloquent : "Si nous perdons cette guerre, nous perdons tout.Malgré cette attitude combative, la lassitude est bien réelle. Certains chauffeurs de taxi aimeraient reprendre le travail, faute de revenus et ils savent aussi que leur mouvement est très critiqué par une bonne partie de la population. Malgré tout, ils ne veulent pas baisser les bras. Leurs conditions de travail n’ont fait qu’empirer ces dernières années et ils sont au bout du rouleau, comme Juan Alberto, chauffeur de taxi depuis trente ans. "Mes revenus n’augmentent pas depuis dix ou quinze ans, alors que je travaille plus, affirme-t-il, en se plaignant de ne pas voir sa famille. "Désormais, je fais quasiment 16 heures par jour, tous les jours de la semaine (...) On réclame juste nos droits. Selon la loi, il doit y avoir une licence de VTC pour trente taxis. Mais cette loi n’est pas respectée. S’ils ont accordé trop de licences, c’est à eux de résoudre le problème", s'exclame-t-il. Mais le gouvernement régional fait la sourde oreille.  

L'exemple barcelonais n'est pas suivi

À Barcelone, une grève de plusieurs jours a aussi été organisée. Mais les deux plateformes VTC, Uber et Cabify, ont annoncé qu’elles cessaient d’offrir leurs services dans la ville à partir du 1er février. Le gouvernement catalan a adopté un décret cédant, d’après elles, aux demandes des collectifs de taxi. À Madrid, pour l’instant, c’est tout le contraire. L’exécutif régional n’entend pas céder aux pressions des chauffeurs de taxi. En plus de leur grève, certains ont donc décidé depuis le 31 janvier, en soirée, de camper devant le siège du gouvernement régional sur la célèbre Puerta del Sol.

Des taxis en manifestation contre les VTC à Madrid, le 27 janvier 2019.
Des taxis en manifestation contre les VTC à Madrid, le 27 janvier 2019. (GABRIEL BOUYS / AFP)