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En direct du monde. Le Canada est confronté à une arrivée sans précédent de réfugiés haïtiens

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Les douaniers canadiens installés au poste frontière près de Montréal font face à une situation exceptionnelle. Depuis juin dernier, pas moins de 8 000 personnes, surtout des Haïtiens, ont demandé l’asile au Canada en provenance des Etats-Unis.

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Des réfugiés sont arrétés à la frontière USA/Canada à côté d'Emmingford (Québec). (GEOFF ROBINS / AFP)

Depuis juin dernier, pas moins de 8 000 personnes, surtout des Haïtiens, ont demandé l’asile au Canada en provenance des États-Unis, dont près de 4 000 pour le mois d'août seulement. Des gens inquiets des menaces de l’administration Trump de ne pas renouveler le statut de réfugié temporaire dont ils bénéficient depuis le tremblement de terre de 2010. Tant bien que mal, les autorités s’adaptent. Les premières semaines, des centaines de demandeurs d’asile patientaient plusieurs jours dans des salles d’attente conçues pour accueillir 20 personnes à la fois.

Depuis, les conditions se sont un peu améliorées. L’armée a dressé deux camps de toile avec des grandes tentes militaires pourvues de lits de camp. Des baraques mobiles complètent le décor de ce drôle de camping, entouré d’une toile blanche pour plus d’intimité. Un décor un brin surréaliste, juste en arrière des bâtiments de douane devant lesquels les vacanciers et les routiers canadiens et américains passent à toute heure du jour et de la nuit.

Des demandeurs d’asile ne passent pas par le poste de douane officiel

Du côté américain, un taxi les conduit jusqu’à l’entrée de l’ancien chemin douanier canadien, enfoui sous une voûte d’arbres. Le chemin Roxham, c’est son nom, voit passer plusieurs dizaines ou même des centaines de personnes qui veulent entrer au Canada. Lorsqu’ils arrivent du côté canadien, la police les arrête, puis les fait patienter de longues heures sous une tente. Avec le croassement des grenouilles comme bruit de fond. Puis un bus emmène ces demandeurs d’asile et leurs bagages au vrai poste frontière, pour faire vérifier leur identité et démarrer leur dossier d’immigration.

Des migrants sûrs d’être arrêtés

Le Canada et les États-Unis ont signé une entente en 2004 en vertu de laquelle un demandeur d’asile ne peut pas tenter sa chance dans les deux pays. Autrement dit, si un Haïtien d’origine a réclamé le statut de réfugié sur le territoire américain, le Canada refuse d’entendre sa demande. Sauf s’il entre au pays par une porte dérobée. Cependant, une grande partie des personnes hébergées sous des tentes militaires à la frontière ou dans des hébergements d’urgence à Montréal pourraient devoir repartir.

L’an dernier, près de la moitié des demandes d’asile des Haïtiens d’origine ont été rejetées. C’est ce genre d’information que le gouvernement canadien publicise depuis quelques jours dans ses consulats aux États-Unis. Le but, ralentir le flot d’immigrants quittant tout pour tenter leur chance au nord. 

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