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En direct du monde. En Malaisie, un concours vidéo sur les troubles de l'identité sexuelle fait scandale

Un intitulé discriminant les homosexuels dans un concours lancé par le ministère de la Santé en Malaisie fait bondir les associations LGBT de ce pays.

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Une militante LGBT proteste contre l\'intitulé d\'un concours lancé par le ministère de la santé malaisien, stigmatisant les homosexuels à Kuala Lumpur (Malaisie), le 3 juin 2017.
Une militante LGBT proteste contre l'intitulé d'un concours lancé par le ministère de la santé malaisien, stigmatisant les homosexuels à Kuala Lumpur (Malaisie), le 3 juin 2017. (MANAN VATSYAYANA / AFP)

Le ministère de la Santé a  lancé, le week-end dernier, un concours sur "Les pratiques de vie saine".  Ouvert aux 13-24 ans, les meilleurs vidéos pourront gagner jusqu’à 1 000 dollars. Problème, l’une des thématiques s’intitule : "Trouble de l’identité sexuelle". Si l’on s’en tient à l’intitulé du concours, à savoir "Création de vidéo sur la sexualité des adolescents et la santé sexuelle en 2017", cette initiative ministérielle part d’une bonne intention. Parmi les thématiques proposées il y a la sexualité (chez les adolescents), le sexe sur internet mais c’est bien le troisième thème qui pose problème : "Trouble de l’identité sexuelle." La consigne donne même des exemples de personnes qui souffriraient de ce trouble : les homosexuels, les transsexuels et les garçons manqués. Avec un tel intitulé les associations LGBT ont dénoncé une initiative discriminante.

Le ministère de la Santé répond

Dans un communiqué, le ministre de la Santé a défendu ce concours qui a, selon lui, pour objectif  "d’améliorer, à travers la créativité, la connaissance et les pratiques de vie saine chez les adolescents et non de créer de la discrimination." 
Toujours est-il que cette compétition demande aux participants
de répondre dans leur vidéo à cette question : comment éviter les troubles de l’identité sexuelle et ou comment les soigner ? La formulation est problématique pour Chua Sook Ning, une psychologue créatrice de l’association Relate Malaysia, qui vient notamment en aide aux Malaisiens en détresse psychologique. "Les jeunes qui s’interrogent ou luttent contre leurs propres sentiments, ils pourraient commencer à se dire :  'Je suis un problème'. Je pense que psychologiquement cette situation les met en danger… souligne Chua Sook Ning. Il y a aussi des études qui montrent que les environnements négatifs, augmentent les relations sexuelles à risque, ce qui est est donc l’effet opposé de ce que souhaite le ministère de la Santé. Je pense que c’est bien mieux de promouvoir un environnement sûr et tolérant afin que les personnes se sentent suffisamment en sécurité pour en parler et apprendre ce qu’est une relation sexuelle saine."

Pas une première pour le gouvernement malaisien

En mars dernier, les autorités malaisiennes ont censuré une scène homosexuelle du film La Belle et la Bête de Bill Condon. Rien d’étonnant. Si l’Etat malaisien se veut laïc, il a tout de même pour religion officielle l’Islam. L’homosexualité est donc illégale dans le pays et passible d'une peine maximale de 20 ans de prison. 
En 2014, Anwar Ibrahim, un dirigeant de l’opposition en a d’ailleurs fait les frais et a été condamné à cinq ans de prison pour relations homosexuelles.

Une militante LGBT proteste contre l\'intitulé d\'un concours lancé par le ministère de la santé malaisien, stigmatisant les homosexuels à Kuala Lumpur (Malaisie), le 3 juin 2017.
Une militante LGBT proteste contre l'intitulé d'un concours lancé par le ministère de la santé malaisien, stigmatisant les homosexuels à Kuala Lumpur (Malaisie), le 3 juin 2017. (MANAN VATSYAYANA / AFP)