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En direct du monde. En Espagne, les loyers ont augmenté de 30% dans les grandes villes

Ces dernières années, les loyers ont flambé de 30% dans les grandes villes espagnoles comme Madrid et Barcelone, selon une étude réalisée par Fotocasa. Une hausse, notamment liée au tourisme de masse, contre laquelle s'élèvent les habitants. 

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Des bannières \"Ce ne sont pas des appartements pour les touristes\" sont accrochées à un balcon d\'un immeuble, dans le quartier de Barceloneta, à Barcelone, le 24 octobre 2016.
Des bannières "Ce ne sont pas des appartements pour les touristes" sont accrochées à un balcon d'un immeuble, dans le quartier de Barceloneta, à Barcelone, le 24 octobre 2016. (PAU BARRENA / AFP)

Les loyers à Madrid, ont augmenté d'environ 30% ces quatre dernières années selon une étude réalisée par Fotocasa, spécialiste de l'immobilier en Espagne. Un boom des loyers que l'on appelle dans le pays "la burbuja del alquiler". Cette bulle spéculative touche les grandes villes, Barcelone et Madrid, mais aussi les zones côtières d’Andalousie, la région de Valence, les Îles Baléares et la Catalogne. Selon les spécialistes, on a atteint des records historiques et la hausse pourrait bien se prolonger jusqu’en 2020.

Ce phénomène s'explique par plusieurs facteurs. Il y a d'abord moins d’offres de location. La pierre est redevenue également une valeur refuge pour les investisseurs en Espagne qui cherchent une rentabilité élevée. Par ailleurs, de nombreux propriétaires ont succombé au phénomène Airbnb et misent désormais sur les locations touristiques. Cela réduit encore plus l’offre de location dans des villes comme Madrid.

Louer un appartement, mission devenue impossible

Résultat, trouver un appartement en location, à un prix raisonnable, est devenu un véritable casse-tête pour les Barcelonais et les Madrilènes. À tel point qu’ils doivent souvent en visiter des dizaines et cela ressemble à une course poursuite pour essayer de louer un appartement avant le reste des locataires potentiels.

Et pour ceux qui sont déjà locataires, ils croisent les doigts pour que leur propriétaire ne leur augmente pas une fois de plus leur loyer. Car la durée du bail en Espagne est passée en 2013 de cinq à trois ans, suite à la réforme de la Loi des Baux Urbains du Parti Populaire.

La colère des locataires

Il y a un mouvement de contestation qui a pris forme ces dernières années pour lutter contre la bulle spéculative qui touche les loyers. Il faut le rappeler, tandis que le prix des loyers n’a cessé d’augmenter, les salaires n’ont quasiment pas décollés en Espagne depuis la fin de la crise.

Les locataires ont donc du mal à faire face à la hausse de leur loyer et décident souvent de louer ailleurs, plus loin du centre-ville. Mais, le problème c’est que la flambée des prix touche aussi les quartiers plus modestes.

Pour lutter contre ce fléau, les locataires se sont donc regroupés. Le Syndicat des Locataires, par exemple, a vu le jour en mai 2017 à Barcelone et à Madrid. Il revendique plus de droits pour les locataires.

Du côté des partis politiques, Podemos a présenté en avril dernier une proposition de loi pour stopper les loyers abusifs. Et le nouveau gouvernement socialiste de Pedro Sánchez semble également prêt à protéger davantage les locataires.

Des bannières \"Ce ne sont pas des appartements pour les touristes\" sont accrochées à un balcon d\'un immeuble, dans le quartier de Barceloneta, à Barcelone, le 24 octobre 2016.
Des bannières "Ce ne sont pas des appartements pour les touristes" sont accrochées à un balcon d'un immeuble, dans le quartier de Barceloneta, à Barcelone, le 24 octobre 2016. (PAU BARRENA / AFP)