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En direct du monde. En Egypte, le patrimoine millénaire est en danger

L'Egypte a du mal à préserver son fabuleux patrimoine. Le nombre de touristes est en chute libre dans le pays depuis plusieurs années et les conséquences sont nombreuses.

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Le célèbre Shpinx de Gizeh
Le célèbre Shpinx de Gizeh (ADAM WOOLFITT / ROBERT HARDING HERITAGE)

Le ministre des Antiquités égyptien sonne l’alarme. Les touristes se font de plus en plus rares dans le pays. Un véritable problème pour l'emploi, l'économie mais aussi pour le patrimoine historique. Les recettes du ministère, indispensables pour entretenir les monuments, proviennent principalement des tickets d’entrées dans les musées et les sites historiques.

60% de touristes en moins, en six ans

Avant la révolution de 2011 et tous les évènements politiques qui en ont découlé, il y avait en Egypte 15 millions de touristes. En 2016, ils n'étaient plus que 6,3 millions. Alors les revenus liés au tourisme ont chuté. Les ventes de tickets d'entrée des musées et des sites historiques sont tombées de 80%. Pour le ministère des Antiquités, les recettes sont passées de 208 millions d'euros à 36 millions. 

Les archéologues expliquent pourtant que les édifices millénaires nécessitent des travaux de restauration constants. Mais avec le manque d'argent, impossible d'effectuer tout ce travail, d'autant que 38 000 salaires doivent être distribués chaque mois.

Les fouilles archéologiques impactées

Nombre de travaux de fouille ont dû être mis en suspens, même si les contributions des pays étrangers sont relativement stables. C'est d'ailleurs ce qui permet à l'Egypte de tenir le coup. Par exemple, les fonds de l'Unesco pour restaurer la synagogue d'Alexandrie ou l'aide substantielle du Japon pour construire le nouveau grand musée égyptien.

Il faut trouver des fonds. L'ancien ministre des Antiquités et conseiller du ministre actuel Zahi Hawass pense donc par exemple à prêter ou plutôt à louer le célèbre masque de Toutankhamon exposé en ce moment musée du Caire en le faisant tourner dans divers expositions à travers le monde, il estime qu’il pourrait payer le salaire des employés du ministère pendant 10 ans. Mais les détracteurs commencent à se demander comment faire revenir les touristes si les plus belles pièces du pays voyagent à l’étranger.

Le ministre des Antiquités souhaite lui ouvrir de nouveaux lieux archéologiques, jusqu’à présent fermés au public. Les tombes de Nefertari ou de Séthi 1er à Louxor viennent par exemple de rouvrir. 

Le célèbre Shpinx de Gizeh
Le célèbre Shpinx de Gizeh (ADAM WOOLFITT / ROBERT HARDING HERITAGE)