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En direct du monde. En Amérique, l'oléoduc géant entre Canada et Etats-Unis est relancé

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Le président Trump est revenu  sur le refus de son prédécesseur Barack Obama de construire un pipeline entre le Canada et les États-Unis.

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Raffinerie Suncor à Edmonton en Alberta au Canada, le 17 juin 2015. (AFP)

Donald Trump, le nouveau dirigeant de la Maison Blanche, autorise la construction d'un oléoduc, Keystone XL, qui va permettre au pétrole produit en Alberta, côté canadien, de se faire raffiner dans le golfe du Mexique.

Pour les environnementalistes, cette nouvelle ressemble à une catastrophe. Ce projet d’oléoduc, qui va permettre de rallier un réseau existant, s’ajoute à deux autres pipelines. Ces projets viennent de recevoir l’autorisation du gouvernement canadien pour transporter le pétrole de l’Alberta vers la Colombie britannique, dans l’extrême Ouest.

Les dirigeants canadiens, Justin Trudeau en tête, se réjouissent, eux, du retournement de situation. Barack Obama avait enterré le projet en mai 2015, et voilà que les espoirs du Canada de pouvoir exporter 830 000 barils de pétrole vers les États-Unis fleurissent à nouveau. Le Premier ministre canadien aurait déjà parlé deux fois à son homologue américain à ce sujet.

L’enjeu, pour l’instant, c’est de savoir si les Américains vont vraiement exiger que les tuyaux soient fabriqués avec de l’acier américain sur les presque 2 000 km du parcours, comme l’a laissé entendre Donald Trump.

Le Canada est pour que le projet aboutisse

Le Premier ministre canadien a expliqué qu’il fallait développer les ressources canadiennes en carburants fossiles, tout en préparant la transition vers des énergies moins polluantes. Plus précisément, l’Alberta, où est extrait  le pétrole à partir de sables bitumineux, une production très énergivore, n’a pas la réputation d’être très vert. La Première ministre de la province, Rachel Notley, a accepté en décembre dernier d’imposer une taxe sur le carbone et un plafond d’émission de gaz à effet de serre. En échange, le gouvernement canadien a accepté la construction de deux oléoducs vers l’Ouest. Pour résumer, il faut donc que davantage de pétrole coule dans les tuyaux... pour que les pouvoirs publics aient les moyens d’une économie verte.

Un chantier de dix milliards de dollars

Les prévisions de budget semblent avoir doublé du côté du constructeur Trans Canada, qui attend un feu vert depuis sept ans. Donald Trump indique que l’entreprise pourrait recevoir un nouveau permis d’autorisation dans un délai de moins de deux mois.

En revanche, les opposants n’ont pas encore dit leur dernier mot. Des propriétaires terriens, des environnementalistes et des communautés indiennes ont obtenu des tribunaux le blocage du projet dans l’état du Nebraska. C’est justement là que le futur pipeline rejoindrait le réseau existant vers les raffineries du golfe du Mexique. Il faudra donc surveiller qui l’emportera finalement dans ce dossier. 

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