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En direct du monde. Dans les Pays baltes, l’ombre de la Russie plane sur le voyage du pape

Jamais le pape ne se sera autant approché de la Russie, un pays dans lequel pour des raisons historiques le chef de l’Eglise catholique ne peut toujours pas se rendre.

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Le pape François et le président letton Raimonds Vejonis, à Riga, capitale de la Lettonie, le 24 septembre.
Le pape François et le président letton Raimonds Vejonis, à Riga, capitale de la Lettonie, le 24 septembre. (HANDOUT / VATICAN MEDIA)

Pour le 25e voyage du pape François à l’étranger, l’ombre de la Russie plane sur le déplacement et le passé douloureux entre l’Eglise et les communistes dans les Pays baltes. Le souverain pontife ne peut toujours pas se rendre en Russie pour des raisons historiques, et jamais il ne s’en était approché d’aussi près. Le pape a abordé une page sanglante de l’histoire des Pays baltes, celle de l’occupation soviétique. Un homme incarne cette page d’histoire : l’évêque Sigitas Tamkevicius. Il est lituanien et a guidé le pape François dimanche 23 septembre dans l’ancienne prison du KGB à Vilnius où il a lui-même été détenu. Sous l’occupation soviétique, il rédigeait un journal clandestin relatant la persécution des catholiques.

"Pendant huit mois j’ai été persécuté"

"Sous l’occupation, se souvient-il, les prêtres ne pouvaient plus enseigner la religion, ils nous demandaient de nous engager dans le KGB. Pendant huit mois j’ai été persécuté. Leur justice m’a finalement condamné à six ans de prison et quatre années de travaux forcés, les Soviétiques à cette époque ont arrêté environ 300 prêtres et beaucoup ont été déportés." Trois cents prêtres en Lituanie, raconte ce prélat, ont été arrêtés par le régime soviétique. Certains exécutés. Une histoire pas si lointaine : Sigitas Tamkevicius a été libéré en 1988 ! L’Eglise était une voix de résistance, ce voyage est aussi pour le pape une occasion de rappeler ce rôle.

"Nous avons un voisin difficile à cerner"

En 2018, les Pays baltes ont peur d’un nouvel impérialisme russe. Pour de toutes autres raisons, la guerre en Ukraine, l’annexion de la Crimée en 2014 sont de fâcheux précédents vus des Pays baltes. La Lituanie, l'Estonie et la Lettonie misent sur les bataillons de l’Otan installés sur leur territoire pour les défendre. Et l'évêque Sigitas Tamkevicius, à l’image d’une majorité de compatriotes, réclame un renforcement de la présence de l’Otan : "Nous avons un voisin difficile à cerner, oui nous avons peur, explique-t-il. Nous nous sentirions plus en sécurité si l’Otan renforçait son bataillon en Lituanie qui s’élève à un millier d’hommes aujourd’hui. L’ombre du grand voisin plane sur ce voyage du pape François dans les pays Baltes. Ce lundi il commémore le centenaire de l’indépendance de la Lettonie. Il ne se sera jamais autant approché de la Russie."

Le pape François et le président letton Raimonds Vejonis, à Riga, capitale de la Lettonie, le 24 septembre.
Le pape François et le président letton Raimonds Vejonis, à Riga, capitale de la Lettonie, le 24 septembre. (HANDOUT / VATICAN MEDIA)