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À Bangalore, la Silicon Valley de l'Inde, la population a triplé en 30 ans et les réserves d’eau s’épuisent

L’explosion démographique qu’a connue Bangalore, en Inde, commence à poser de tels problèmes d’approvisionnement en eau que les autorités doivent aller chercher l’or bleu à plus de 100 km.

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Une distribution d\'eau pour des logements de Bangalore, le 27 février 2018.
Une distribution d'eau pour des logements de Bangalore, le 27 février 2018. (MANJUNATH KIRAN / AFP)
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C'est l'une des villes les plus modernes d'Inde, la Silicon Valley indienne : Bangalore, 11 millions d'habitants, a connu une croissance phénoménale depuis 20 ans, grâce à l'essor des nouvelles technologies. Et cela commence à poser des problèmes d'alimentation en eau. Bangalore n'a en effet pas de rivière, et près de la moitié de ses habitants vont donc pomper cet or bleu dans les nappes phréatiques. Problème : celles-ci s'épuisent à grande vitesse.

La population de la ville a triplé en 30 ans

La croissance démographique n'a pas été contrôlée : la population de la ville a triplé en 30 ans, et aujourd'hui, elle continue de gagner de 400 000 habitants par an. Soit l'équivalent de la population de Toulouse, rajoutée chaque année. Or cette croissance se fait sans réelle planification : les autorités ont toléré le bétonnage des lacs, qui sont pourtant essentiels à la survie de la ville. Car à la différence des autres métropoles indiennes, Bangalore n'a pas de rivière et ses lacs représentent sa principale réserve en eau potable et la source de recharge des nappes phréatiques. En un siècle, 80% des lacs de la ville ont disparu.

Et ceux qui restent sont trop pollués : les autorités affirment qu'elles peuvent retraiter les deux tiers des eaux usées, mais un chercheur qui procède à des relevés réguliers déclare qu'à peine un tiers d'entre elles est retraité. Le reste des égouts est renvoyé directement dans les lacs, faisant émerger à leur surface une mousse blanche toxique, composée de détergents. La pollution de cet éco système a donc un terrible impact sur la santé des habitants : "Nous avons trouvé de hauts niveaux de nitrates ainsi que des métaux lourds dans ces eaux souterraines, indique ce chercheur de l'Institut indien des sciences, T.V Ramachandra. Or 45% de la population de Bangalore la consomme régulièrement. Les légumes verts cultivés en aval et les poissons des lacs sont également contaminés : ils contiennent du chromium 6, du cadmium et du cuivre. Cela entraine des cancers. Les habitants ont également 20 fois plus de chances de souffrir d'insuffisance rénale qu'il y a 10 ans."

Les nappes s’épuisent

Les nappes phréatiques sont en train de s'épuiser, il faut parfois creuser jusqu'à 600 mètres sous terre pour trouver de l'eau à Bangalore. Les autorités font donc venir cet or bleu du fleuve Cavéry, situé à plus de 100 km. Et elle prévoit d'augmenter ce pompage de 50% dans les années à venir. Cette solution n'est pas durable car cela retire autant d'eau à tous les agriculteurs de la région. Aussi, beaucoup militent pour la mise en place d'une vraie politique de récupération des eaux de pluie, qui sont abondantes dans cette zone tropicale.

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Une distribution d\'eau pour des logements de Bangalore, le 27 février 2018.
Une distribution d'eau pour des logements de Bangalore, le 27 février 2018. (MANJUNATH KIRAN / AFP)