En Corée du Sud, la déception des fans d'e-sport après la victoire d'une équipe chinoise aux mondiaux de "League of Legends"

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La finale des championnats du monde de "League of Legends", le jeu le plus populaire de la planète, se déroulait samedi en Islande. C’est une équipe chinoise qui est sortie vainqueur, s’imposant face à l’immense favorite sud-coréenne.

Article rédigé par
Nicolas Rocca - franceinfo
Radio France
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 Des joueurs pendant leur séance d'entraînement à Séoul, le 25 février 2021. (JUNG YEON-JE / AFP)

Pour trouver de fans de e-sport en Corée du Sud, une des terres historiques de cette pratique, il faut se rendre dans un des "PC Bangs" de la capitale. Il s’agit de cybercafés géants que l’on trouve pratiquement à chaque coin de rue dans Séoul. À l’intérieur, ce sont des salles remplies d’ordinateurs et de confortables chaises de gaming, d’où l’on peut jouer 24 heures sur 24, commander des boissons, de la nourriture.

Et dans les PC Bangs, le jeu de référence est League of Legends. Ce jeu d’arène multijoueurs où l’objectif est de détruire la structure de son adversaire rassemble des centaines de millions de fans à travers le monde. En Corée du Sud, les finales du jeu remplissent même habituellement des stades entiers.

En 11 éditions seule trois finales se sont déroulées sans équipe sud-coréenne, mais depuis deux ans, Covid-19 oblige, impossible de se retrouver en groupe pour soutenir les joueurs. Une déception pour Suyou : "Il y a quatre ans j’étais allé dans un stade pour regarder les finales. Mais c’est vraiment triste parce que tous mes amis adorent League of Legends, et c’était un de nos hobbies d’aller voir les matchs ensemble, mais c’est fini, on ne peut aller nulle part." Cette année 2021, il a donc fallu à se résoudre à le regarder chez soi ou bien dans un des nombreux PC Bangs du pays.

De meilleurs salaires en Chine

Les fans coréens ont forcément été déçus du résultat du championnat du monde avec la victoire de EDward Gaming contre Damwon KIA. Les spécialistes s’attendaient à une victoire facile du tenant du titre sud-coréen. Mais surtout, sur les quatre dernières éditions, trois ont été remportées par une équipe chinoise, ce qui semble mettre fin à l’hégémonie sud-coréenne. Pour Byungwook, un fan de la première heure, cette tendance s’explique : "Nous sommes très bons à League of Legends, mais il y a des limites claires en Corée, que ce soient les restrictions sur le temps de jeu pour les jeunes ou les investissements des sponsors. Le jeu vidéo n’est toujours pas assez répandu, nous avons la culture du jeu mais nous restons marginaux. Donc beaucoup de nos joueurs professionnels partent en Chine pour un meilleur salaire."

Une marginalité à tempérer car l’industrie du jeu vidéo en Corée du Sud reste cinquième à l’échelle mondiale, mais surtout le pays a été pionnier en matière d’e-sport : sa fédération a vu le jour dès 2000. Suyou reste positive malgré la défaite : "À l’origine du jeu ce sont des équipes coréennes. La Chine peut prendre la culture ou les joueurs coréens. Mais l’équipe d’origine est toujours la meilleure, ce sont des suiveurs, sans vouloir les offenser." 

Les grandes entreprises sud-coréennes comme Samsung, KIA ou les opérateurs téléphoniques ont sponsorisé des équipes de League of Legends très tôt. Mais difficile aujourd’hui de résister au marché chinois et à ses plus de 100 millions de fans du jeu. Soit près de deux fois l’intégralité de la population sud-coréenne.

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