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En Corée du Sud, des chiens renifleurs clonés pour assurer la sécurité dans les aéroports

80% des chiens renifleurs utilisés dans les aéroports sont des clones. Une pratique à but commercial que dénoncent les associations de défense des animaux.

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Un chercheur sud-coréen en train de passer devant des chiens clonés, à la clinique Sooam Biotech à Séaoul en Corée du Sud, le 29 juin 2016.
Un chercheur sud-coréen en train de passer devant des chiens clonés, à la clinique Sooam Biotech à Séaoul en Corée du Sud, le 29 juin 2016. (JUNG YEON-JE / AFP)

En Corée du Sud, 80% des chiens renifleurs utilisés dans les aéroports sont des clones, c’est à dire des copies génétiquement identiques d’un autre animal. Le pays est en effet extrêmement avancé en matière de clonage de chien, notamment dans un but commercial.

Cloner les chiens performants, un gain de temps et d'argent

Selon la presse coréenne, un clone de chien policier coûterait deux fois moins cher qu’un animal non-cloné car son ADN provient de chiens qui ont déjà fait leurs preuves. Les dresseurs ne perdent ainsi pas de temps à former des animaux qui feront de mauvais renifleurs. C’est pourquoi le clonage se généralise : 80% des chiens de détection déployés dans les aéroports par l’Agence coréenne de quarantaine pour contrôler les bagages sont désormais des clones.
La police coréenne emploie aussi des chiens clonés comme détecteurs de bombes. Elle a par exemple "recopié" en plusieurs exemplaires un célèbre berger allemand appelé Quinn, un chien à l’odorat exceptionnel qui s’était illustré en résolvant une affaire très médiatisée il y a 12 ans.

Une pratique controversée

L’un de ces chiens clonés utilisés dans les aéroports est mort dans des conditions étranges. Il avait été confié à un laboratoire de l’Université nationale de Séoul, quelques mois après sa mise à la retraite. Les associations de défense des animaux accusent ce laboratoire de mener des expériences inhumaines.
Face au tollé, l’université a annoncé la fin des expériences. Mais l’opinion publique sud-coréenne ne s’intéresse guère à la question et la pratique du clonage de chien continue.

À Séoul, une clinique pour cloner son chien

Une clinique baptisée Sooam Biotech propose à de riches clients du monde entier d'acheter une copie de leur chien décédé. L'établissement a été fondé par le Dr. Hwang Woo-suk, un chercheur sulfureux déjà condamné pour divers manquements à l'éthique. L'association de défense des droits des animaux KARA rappelle que le clonage est source de grandes souffrances : "Ces chercheurs se servent des animaux comme d’outils. Ils les dupliquent comme des produits industriels. Vous devez savoir que pour fabriquer un seul clone, il faut sacrifier un grand nombre d’animaux"explique la représentante.

Selon les informations récoltées par l'association, plus de 70 chiens femelles ont souffert d’opérations de chirurgie qui visaient à prendre leurs ovocytes. "Il y a aussi le problème de la souffrance des chiots clonés qui naissent avec plusieurs malformations physiques", ajoute la représentante de l'association de défense des droits des animaux.

Ces accusations n’empêchent pas les cloneurs de faire des affaires : les particuliers qui veulent faire cloner leur chien à Sooam Biotech doivent débourser 90 000 euros.

Un chercheur sud-coréen en train de passer devant des chiens clonés, à la clinique Sooam Biotech à Séaoul en Corée du Sud, le 29 juin 2016.
Un chercheur sud-coréen en train de passer devant des chiens clonés, à la clinique Sooam Biotech à Séaoul en Corée du Sud, le 29 juin 2016. (JUNG YEON-JE / AFP)