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En Corée du Nord, Kim Jong-un jette un froid avant le sommet historique avec Trump

Au dernier moment, le régime nord-coréen a annulé dans la nuit du 15 au 16 mai une rencontre de haut niveau prévue avec le sud. Et menace de faire de même avec le sommet historique prévu le 12 juin avec le président américain.

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Le président américain Donald Trump, face au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.
Le président américain Donald Trump, face au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. (MANDEL NGAN / KCNA VIA KNS)

Après des mois de détente et de réchauffement diplomatique impressionnant, la Corée du Nord vient de jeter soudainement un froid. Le régime de Kim Jong-un a annulé dans la nuit du 15 au 16 mai, au dernier moment, une rencontre de haut niveau prévue avec le sud, et menace de faire de même avec le sommet historique avec le président américain Donald Trump, prévu le 12 juin prochain.

Une "provocation militaire délibérée"

C’est donc le retour surprise de la rhétorique guerrière nord-coréenne qu’on avait un peu oublié. Kim Kye Gwan, le ministre adjoint des affaires étrangères, a déclaré le 16 mai que son régime reconsidéra le sommet avec Donald Trump si Washington "la met au pied du mur" et "exige unilatéralement" qu’elle renonce au nucléaire. Dans un autre communiqué, le régime qualifie les manœuvres aériennes organisées par Séoul et Washington de "préparatifs à une frappe préemptive". Ces exercices incluraient des bombardiers B-52, capables d’emporter des charges nucléaires. Le régime y voit une "provocation militaire délibérée" dans le contexte actuel de détente, d’autant plus qu’il vient d’accepter de libérer trois prisonniers américains et de démanteler son site d’essais nucléaires, "à la bonne volonté dont nous pouvons faire preuve", martèle Pyongyang.

Selon les analystes à Séoul, ces menaces font partie du processus de négociations : le nord cherche à renforcer ses positions, avant le sommet avec Donald Trump, et il rappelle que lui aussi exige des concessions significatives de la part des États-Unis.

Le processus de dialogue réduit à néant ?

À Séoul, les analystes considèrent que ces menaces font tout simplement parties du processus de négociations en cours. Le régime avance ses pions, il utilise ces exercices militaires pour faire pression sur les États-Unis et pour renforcer ses positions à l’approche du sommet avec Donald Trump.

Kim Jong-un a aussi rencontré son homologue chinois Xi Jinping à deux reprises, et a sans doute l’appuie d’un pouvoir chinois qui n’aime pas non plus ces jeux de guerre près de ses frontières. La péninsule nord-coréenne prend aussi au conseiller américain à la sécurité, John Bolton, qui veut appliquer le modèle libyen de dénucléarisation... un modèle inacceptable pour Pyongyang. Le nord estime que Mouammar Kadhafi serait touours en vie s’il avait gardé son programme nucléaire.

La Corée du Nord a peut-être été irritée par toutes ces déclarations d’auto-satisfaction à la tonalité très victorieuse qu’on a entendues ces derniers jours à Washington. Elle vient de rappeler qu’il ne fallait pas crier victoire trop vite, qu’elle aussi exige des concessions significatives. On peut dire que les négociations ne font que commencer.  

Le président américain Donald Trump, face au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.
Le président américain Donald Trump, face au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. (MANDEL NGAN / KCNA VIA KNS)