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En Afrique du Sud, la population se mobilise pour libérer Lammie, la dernière éléphante du zoo de Johannesburg

Une pétition signée par 100 000 personnes exige la libération de Lannie. Cette éléphante est désormais seule depuis la mort de son compagnon dans ce zoo.

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Un groupe d\'étudiants devant le parc des élephants au zoo de Johannesburg (Afrique du Sud), le 4 mars 2015.
Un groupe d'étudiants devant le parc des élephants au zoo de Johannesburg (Afrique du Sud), le 4 mars 2015. (UIG via GETTYIMAGES)

Une éléphante est au cœur d’une bataille entre le zoo de Johannesburg et la population. 

Elle s’appelle Lamie, elle tourne en rond, toute seule dans son enclos depuis la mort de son compagnon il y a deux mois. Une pétition signée par 100 000 personnes exige la libération de Lammie. Ces dernières semaines, des centaines de manifestants se sont massés devant les grilles du Zoo de Johannesburg. Certains même déguisés en éléphants. Ils demandent à la direction de l’établissement de déplacer Lammie, l’éléphante de 39 ans, dans l’une des nombreuses réserves naturelles sud-africaines.

Lammie est en dépression

Depuis le décès de son compagnon Kinkel, Lammie végète seule derrière sa clôture, et selon des associations de défense des animaux, elle serait même en dépression : "Garder Lammie est dangereux pour sa santé et son bien être psychologique" assure un expert de la question animale. Car oui, les éléphants sont connus pour exprimer leurs sentiments et plus particulièrement leurs longues périodes de deuil lorsqu’un membre de la horde meurt. L’une des associations qui se bat pour la libération de Lammie, la fondation EMS, a déjà trouvé deux réserves naturelles capables d’accueillir la vieille éléphante mais le zoo refuse catégoriquement. Non, il n’y aura pas de transfert selon le porte-parole, pour qui :"Lammie s’est très bien adaptée à son nouvel environnement ces dernières semaines."
 
L’animal est né en captivité, n’a connu que le Zoo de Johannesburg, où elle y a perdu tous les éléphants qu’elle a côtoyé, tous ses proches : ses parents d’abord, puis son frère et maintenant donc son compagnon. Pas de libération pour le zoo donc qui prévoit même au contraire de repeupler le parc avec de nouveaux éléphants. Une autre polémique pour les associations de défense des animaux, qui appellent l’établissement à ne pas déstabiliser d’autres troupeaux dans le pays. Mais le zoo persiste et signe : la présence d’animaux sauvages dans le centre-ville de Johannesburg n’est pas négociable car cela permettrait d’éduquer toutes les communautés contre le braconnage.

Les éléphants ne font pas partie de la liste des espèces en voie d’extinction en Afrique

Mais le braconnage est lui toujours là. Il y a 39 ans, lorsque Lammie, l’éléphante du zoo de Johannesburg naissait, l’Afrique comptait un million trois cents mille éléphants, ils ne sont plus que 400 000 aujourd’hui. Soit 20 000 braconnés par an, ou plus parlant, 96 braconnés tous les jours.
 
L’Afrique du Sud ne connaît pas de pénurie avec 25 000 éléphants le pays a même eu recours à la contraception pour stabiliser sa population. Mais la demande chinoise a récemment perturbé le calme des réserves sud-africaines. Avec l’augmentation du prix de l’ivoire, le braconnage est lui aussi reparti à la hausse. 

Un groupe d\'étudiants devant le parc des élephants au zoo de Johannesburg (Afrique du Sud), le 4 mars 2015.
Un groupe d'étudiants devant le parc des élephants au zoo de Johannesburg (Afrique du Sud), le 4 mars 2015. (UIG via GETTYIMAGES)