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Dans les nations de l'ex-Empire britannique, le cricket explose les records, mais s'essouffle en Angleterre

La Coupe du monde de cricket rassemble plus de téléspectateurs que les Jeux Olympiques, le Super Bowl, ou la Ligue des champions. Mais en Angleterre, le sport est en train de mourir par manque de pratiquants.

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Virat Kohli, capitaine de l\'équipe d\'Inde pendant la coupe du monde de cricket, le 28 mai 2019.
Virat Kohli, capitaine de l'équipe d'Inde pendant la coupe du monde de cricket, le 28 mai 2019. (GLYN KIRK / AFP)

Le cricket, c'est le sport de tous les records. Les audiences de la Coupe du monde 2019, organisée en Angleterre et au pays de Galles, explosent à l’échelle mondiale, et ce n’est que le début. On s’attend a un record avec le match Inde-Pakistan prévu dimanche 16 juin. Les joueurs sont suivis par plusieurs dizaines de millions de personnes sur les réseaux sociaux. Pour mesurer l’ampleur du phénomène, il suffit de regarder le compte Instagram des joueurs. Celui de Virat Kohli, 30 ans, batteur et capitaine de l’équipe indienne, rassemble 35 millions d’abonnés. C’est plus que Zidane, Pogba ou Nadal. Le match entre l’Inde et le Pakistan pourrait rassembler un milliard et demi de téléspectateurs.

L’enjeu financier est colossal : en Inde, si on additionne le sponsoring et la publicité autour du cricket, on aboutit à une somme qui avoisine le milliard d’euros. Amazon, Uber Eats, ou encore Coca-Cola sont sponsors de la Coupe du monde. Il y a dans un match de cricket entre 12 et 14 pauses par heure, donc autant de coupures publicitaires, 700 secondes qui se vendent à prix d’or. Tous les matches importants affichent complet, et les tickets pour cette rencontre Inde-Pakistan se revendent a près de 500 euros l'un au marché noir sur internet. 

Public vieillissant

Pourtant, en Angleterre, la fédération a du mal à recruter de nouveaux adeptes. Les places dans les stades sont chères, et les retransmissions à la télévision sont payantes. En Angleterre, les fans de cricket sont aujourd’hui blancs, riches et vieux : ils ont en moyenne 50 ans. Les équipes anglaises amateurs disparaissent peu à peu. On compte 20% de joueurs réguliers de moins ces trois dernières années et 5% des enfants seulement qui classent aujourd’hui le cricket parmi leurs sports favoris. Pour inverser la tendance, la fédération va investir dans l’année qui vient près de 200 millions d’euros pour restructurer le championnat, limiter les matches à 100 tirs de balles, pour qu’ils ne durent pas plus de deux heures et demie, tout en créant de nouvelles structures dans les grandes villes, comme Birmingham, Manchester et Londres.

Les responsables sont partis au mois d’avril à Nashville (Tennessee), aux États-Unis, pour observer le modèle du football américain, du basket et du baseball, qui ont tous accéléré le jeu. Il y a même des discussions avec le laboratoire expérimental de Google, pour créer un système capable d’éviter la pluie. Pour lancer ce cricket nouvelle formule, les responsables de la fédération espèrent évidemment une victoire de l’équipe d’Angleterre en Coupe du monde. Ça n’est jamais arrivé, mais les Anglais font partie des favoris. Ils sont pour l’instant en quatrième position derrière la Nouvelle-Zélande, l'Australie et l'Inde.

Virat Kohli, capitaine de l\'équipe d\'Inde pendant la coupe du monde de cricket, le 28 mai 2019.
Virat Kohli, capitaine de l'équipe d'Inde pendant la coupe du monde de cricket, le 28 mai 2019. (GLYN KIRK / AFP)