En direct du monde, France info

Bolivie : Evo Morales accroché au pouvoir indéfiniment ?

C'est la crainte des opposants boliviens. Crainte justifiée si l'on en croit quelques petites phrases récentes...

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
(Ses opposants craignent une "dérive vénézuélienne" du président bolivien Evo Morales (ici lors d'une conférence de presse à La Paz, avril 2015) © REUTERS / David Mercado)

Evo Morales va-t-il rejoindre la longue liste des "caudillos", ces dirigeants latino-américains qui refusaient de quitter leur trône? C'est un scénario probable selon ses opposants. Son troisième mandat à peine entamé, le président bolivien semble déjà candidat à un quatrième. Il a ainsi déclaré récemment que "les gens lui demandaient de rester ", et il a souligné que "la Constitution permet d'organiser des référendums pour consulter le peuple". Mais un quatrième mandat ne serait possible qu'en réformant la toute nouvelle Constitution, qui n'autorise que deux mandats consécutifs. Une réforme serait toutefois assez aisée, puisque le parti de Morales, le MAS, possède deux tiers des sièges au Parlement.

Les Boliviens majoritairement contre une réélection à l'infini

De son côté, l'opposition, de droite comme de centre-gauche s'inquiète, évidemment et s'insurge de l’ouverture de ce débat sur un quatrième mandat de Morales. "Nous ne le permettrons pas. Nous sommes contre le totalitarisme et les caudillos qui veulent s'éterniser au pouvoir " a ainsi déclaré Arturo Murillo, le chef de file des députés du parti de centre droit Unité Démocratique. Les Boliviens ont eux aussi une position assez tranchée: selon un sondage récent, 58% d'entre-eux refusent une réélection indéfinie d'Evo Morales. Pourtant, ils étaient prévenus. En 2009, le leader indigène avait en effet déjà déclaré : "Nous avons attendu plus de 500 ans pour arriver au pouvoir. Nous ne sommes pas là en tant que locataires, nous sommes là pour toute la vie ".

(Ses opposants craignent une "dérive vénézuélienne" du président bolivien Evo Morales (ici lors d'une conférence de presse à La Paz, avril 2015) © REUTERS / David Mercado)