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Au Venezuela, le départ de l'équipementier Goodyear provoque une pénurie de pneus

À cause de la crise économique et de l’hyperinflation, les grandes compagnies internationales quittent le Venezuela. Après le départ de Goodyear, le pays fait face à une pénurie de pneus.

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Le logo de la manufacture Goodyear sur la devanture d\'un garage à Caracas, au Venezuela.
Le logo de la manufacture Goodyear sur la devanture d'un garage à Caracas, au Venezuela. (FEDERICO PARRA / AFP)

Au Venezuela, les grandes compagnies internationales quittent le territoire une à une à cause de la crise économique et de l’hyperinflation estimée à 1 000 000 % en 2019 par le FMI. La semaine dernière c’est le fabricant de pneumatiques Goodyear qui s’en est allé. Le départ de l’enseigne nord-américaine a eu un effet très concret : l’arrêt de la principale usine de pneus du pays, ce qui aggrave la pénurie dans le domaine.

Le prix des pneus a explosé

Le départ de cette entreprise affecte particulièrement le Venezuela notamment parce que début septembre, il ne restait déjà plus que trois enseignes qui produisaient des pneus dans le pays. Goodyear donc, Pirelli qui est parti il y a deux mois et Bridgestone qui se retrouve aujourd’hui en situation de monopole. L’usine de Goodyear ne tournait qu’à 20% de ses capacités ces dernières semaines, mais elle assurait pourtant presque deux tiers de la production nationale. L’effet est donc immédiat : il y a moins de pneus au Venezuela, et leur prix explose.

Pour les Vénézuéliens, c’est une très mauvaise nouvelle, en particulier pour les transporteurs dont le métier est directement affecté. "C’était déjà difficile de trouver des pneus bon marché, mais avec la production de Goodyear en moins, c’est mission impossible, déplore Rodolfo, chauffeur de taxi. C’est très difficile parce que tout se paye en dollars alors que nous, on touche des bolivars. Pour un pneu importé, il faut payer 150 dollars…"

Toutes les pièces automobiles concernées

Plus la production quitte le Venezuela, plus les revendeurs se tournent vers l’étranger, ce qui augmente encore les prix et alimente l’hyperinflation. Cela ne concerne pas que les pneus : petit à petit, toutes les pièces automobiles sont concernées. Dans le magasin de José, un revendeur, 85% des produits sont désormais importés : "Tout coûte plus cher : le fournisseur qui parvient à importer une pièce nous la vend très cher, et nous encore plus au client parce qu’il faut bien manger…" Autre problème : pour essayer d’afficher des prix plus abordables les fournisseurs sont de moins en moins regardants sur la qualité selon Fran, un autre revendeur.

Beaucoup de nouvelles marques inconnues arrivent et elles ne s’adaptent pas au climat tropical, les pièces s’usent vite. Ce sont surtout des marques chinoises.

Fran

à franceinfo

Les automobilistes parviennent difficilement à s’en sortir : à Caracas, il est commun de voir des voitures en panne ou avec les pneus crevés sur le bord de la route, parfois abandonnées. Quant aux professionnels, comme les chauffeurs de taxi, ils sont de moins en moins nombreux. S’ils ne peuvent plus réparer leur voiture, ils perdent leur emploi, et généralement ils quittent le pays. L’ONU estime qu’au moins 2,3 millions de Vénézuéliens ont émigré depuis 2015.

Le logo de la manufacture Goodyear sur la devanture d\'un garage à Caracas, au Venezuela.
Le logo de la manufacture Goodyear sur la devanture d'un garage à Caracas, au Venezuela. (FEDERICO PARRA / AFP)