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Au Royaume-Uni, le musée de Londres veut recueillir vos rêves (et cauchemars) liés au Covid-19

Nos rêves en ces temps troublés d'épidémie intéressent les chercheurs, qui veulent voir leurs liens avec la réalité que nous subissons.

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Une femme dort sur un canapé (illustration).
Une femme dort sur un canapé (illustration). (MAXPPP)

C'est une consultation peu commune : le musée de Londres veut recueillir les rêves de la pandémie de Covid-19. Le questionnaire, lancé par mail, s’achève vendredi 15 janvier. L'opération, baptisée "Les gardiens du sommeil", va se poursuivre : le musée va maintenant mener des entretiens audio à distance pour ensuite les publier, sans analyse ni interprétation.

L'idée générale est de montrer que le virus est partout, jusque dans notre sommeil. Le Covid-19 change nos vies depuis bientôt un an. La maladie et toutes ses conséquences : les restrictions, la peur pour soi et pour les autres, l’espoir d’un remède…

Plus de cauchemars qu'avant

Dans les rêves que nous faisons ces derniers mois, il y a bien sûr plus de cauchemars que d’habitude. Une étude menée au Brésil lors de la première vague montre que 25% des gens faisaient au moins un cauchemar par semaine. Avec parfois une vision très claire de la pandémie et de ses conséquences. Mais aussi des thèmes qui reviennent souvent : la crainte pour les plus âgés, l’isolement, l’éloignement, des situations dangereuses…

D’ailleurs, Google a enregistré une nette augmentation des recherches avec l’intitulé "rêves étranges" depuis le début de la pandémie. La conservatrice du musée de Londres veut recueillir ces souvenirs enfouis dans notre sommeil. Une représentation des divagations de notre esprit dans cette période si particulière.

Les rêves "reflètent l’état psychologique des gens"

Ces rêves intéressent beaucoup les chercheurs. Parce qu'ils sont dictés par notre réalité, mais l’inverse est aussi vrai. La fragilité psychologique que certains traversent ces derniers temps peut également venir de leur sommeil, des rêves qu’ils ont faits. C’est pour cela que le docteur Valdas Noreika, maître de conférences en psychologie à l’université Queen Mary, est impatient d’écouter et de voir l’exposition du musée de Londres. "C’est important, parce que ça reflète l’état psychologique des gens qui font ces mauvais rêves, ça affecte notre vie éveillée. Après ça, on ne se sent pas bien, on est anxieux, irascible…"

Avec cette nouvelle vague et les restrictions, le taux de cauchemar, déjà élevé, continue d’augmenter.

le docteur Valdas Noreika

à franceinfo

Au-delà de la maladie et de ses symptômes visibles, tangibles, cette période nous affecte tous, même dans les recoins de notre subconscient. Pour mettre en place son projet, le musée de Londres s’est associé avec une université canadienne, dont les chercheurs vont mener les entretiens avec les volontaires. Des discussions approfondies d’environ une demi-heure à chaque fois, sans analyse, du témoignage brut, enregistré à la première personne, que l’on pourra ensuite écouter. Comme un témoignage de la période incroyable que nous vivons. Pour documenter aussi l’invisible.

Une femme dort sur un canapé (illustration).
Une femme dort sur un canapé (illustration). (MAXPPP)