Au Québec, une loi pour l’équité hommes-femmes dans les entreprises publiques va forcer quelques femmes à démissionner des conseils d'administration

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Quelques entreprises d’Etat au Québec comptent dans leur conseil d’administration davantage de femmes que d’hommes, tandis que laplupart souffrent toujours d'une sous-représentation des administratrices.

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Radio France
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Montréal, le 4 octobre 2021, au Québec. (DANIEL SLIM / AFP)

Au Québec, certaines administratrices qui siègent sur des sociétés d’Etat vont devoir quitter leur poste d’ici deux ans. Le gouvernement du Québec prépare en effet un projet de loi pour revoir la gouvernance de ses sociétés publiques et viser la parité. Or, plusieurs entreprises d’Etat comptent plus de femmes que d'hommes dans leur conseil d’administration, ce qui irait à l’encontre de la politique de représentativité des deux sexes.

Ainsi, chez Hydro-Québec, 16 femmes siègent au conseil d’administration contre 11 hommes. Même chose pour celui de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), avec 14 femmes pour 10 hommes. Dans ces sociétés d’Etat, les administrateurs masculins semblent donc sous-représentés.

Certaines entreprises souffrent toujours d’un manque d’administratrices

Ceci dit, ces chiffres ne reflètent pas l’ensemble de la situation des administrateurs et des administratrices des sociétés d’Etat. Selon les données les plus récentes du Rapport sur la parité entre les femmes et les hommes au sein des conseils d’administration des entreprises d'Etat, 8 conseils d'administration sur 47 dépassaient la limite de 60% de femmes en décembre 2020. Voilà pourquoi le gouvernement veut corriger la situation. Quand le nouveau texte de loi sera adopté, les sociétés d’Etat auront deux ans pour que les administratrices forment entre 40% et 60% des effectifs du conseil d’administration. Une façon, en somme, de tendre vers la parité, aux yeux du ministre responsable.

En fin de compte, le projet de loi ne faciliterait-il pas une meilleure représentation des femmes ? C’est à nuancer : les mentalités, dans ce type d’organisation, ne changent que lentement et exclure les femmes de ces lieux de décision conquis de haute lutte semble un peu absurde. Souvent, d’ailleurs, leur arrivée apporte une bouffée d’air frais au sein de ces clubs parfois fermés. À leur suite, des membres plus jeunes, venant de milieux plus variés, s’installent aux conseils d’administration, souvent issus de l’immigration ou des communautés autochtones, traditionnellement moins représentés au sein des sociétés d’Etat.

Le secteur privé à la traîne

Du côté des sociétés privées, les études faites ces dernières années par le chercheur Jean Bédard montrent que le Québec traîne la patte. Même certains Etats américains, pourtant vus comme des champions du capitalisme, comptent davantage d’administratrices dans leurs entreprises. Au Québec, le ratio avoisine plutôt autour de 75% d’hommes pour 25% de femmes. Beaucoup moins encore pour les sociétés en démarrage. Il faut dire qu’il n’existe aucune législation contraignante : tout dépend donc de la volonté des administrateurs de faire de la place à leurs consœurs.

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