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Au Mexique, un traité vise à protéger les défenseurs de l'environnement, régulièrement agressés

Les défenseurs de l'environnement sont la cible de nombreux assassinats en Amérique latine. Cet accord d’Escazú doit les protéger.

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Un manifestant lors d\'une marche pour le climat, en novembre 2019 à Mexico, au Mexique.
Un manifestant lors d'une marche pour le climat, en novembre 2019 à Mexico, au Mexique. (CLAUDIO CRUZ / AFP)

Au Mexique, pas moins de 30 défenseurs de l’environnement ont été tués ces deux dernières années. Dans toute l’Amérique latine, de grands projets d’infrastructure et d’exploitation énergétique se heurtent à la résistance des communautés locales engagées dans la préservation de l’environnement. L'accord d’Escazú, entré en vigueur à la fin du mois d'avril, vise à renforcer la protection des militants écologistes en Amérique latine.

Ce traité, ratifié par une douzaine de pays d’Amérique latine, attire l’attention sur la gravité des agressions envers ceux qui défendent l’environnement. C'est une cause défendue au prix de sa vie dans cette région : deux tiers des militants écologistes tués dans le monde sont latino-américains. Trois pays sont plus particulièrement concernés : la Colombie, le Brésil et le Mexique. Ce dernier a ratifié le traité d’Escazú, mais le Brésil et la Colombie brillent par leur absence, leurs parlements n’ont pas approuvé le texte. La situation de la Colombie est alarmante, avec 64 homicides de défenseurs de l’environnement rien qu’en 2019.

Contradiction entre l'accord et les politiques menées

Au Mexique, les meurtres et les disparitions de militants écologistes sont en augmentation ces dernières années. Le phénomène s’est accentué, alors même qu'il existe un mécanisme de protection spéciale pour ceux qui ont reçu des menaces, une mesure qui a été mise en place au Mexique il y a plusieurs années. Ces personnes visées par les agressions sont en général "des militants, issus de communautés autochtones et paysannes, et leur engagement se dresse contre l’imposition de mégaprojets comme des mines, des projets énergétiques et d’infrastructures", explique Edmundo del Pozo, spécialiste de ces questions pour l’organisation de défense des droits humains Fundar. Ceux qui se cachent derrière ces agressions sont généralement les entreprises privées, mais aussi les autorités et les organisations criminelles mexicaines.

L’Accord d’Escazú, qui vient d’entrer en vigueur, représente un espoir de protection pour les défenseurs de l’environnement. Il comprend toute une série de mesures pour assurer leur sécurité et aussi leur accès à la justice. Le traité leur donne également une force, car il instaure un droit à l’information et à la participation publique dans le cas des projets qui ont un impact sur l’environnement. Le problème, c’est qu’il y a une contradiction entre l’approbation de cet accord et les politiques réelles menées par le Mexique.

"Non seulement il n’y pas de protection efficace pour les communautés qui subissent cette violence, mais en plus, on constate que le gouvernement est dans une logique de promotion de ces grands projets, qui provoquent des conflits et des violations des droits au sein de ces communautés", assure Edmundo del Pozo. L'un de ces grands projets d’infrastructures est le train maya, pour attirer davantage de touristes dans le sud-est du pays. Un chantier du gouvernement fédéral qui suscite une vive opposition de la part des communautés locales.

Un manifestant lors d\'une marche pour le climat, en novembre 2019 à Mexico, au Mexique.
Un manifestant lors d'une marche pour le climat, en novembre 2019 à Mexico, au Mexique. (CLAUDIO CRUZ / AFP)