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Au Kenya, des plantations d'avocats près du parc national d'Amboseli menacent les éléphants

Au pied du Kilimandjaro, des avocatiers ont été plantés et empiètent sur le territoire où les animaux viennent chercher leur nourriture. Une décision de justice est attendue ce lundi. 

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Des éléphants dans le parc d\'Amboseli au Kenya, en août 2020. 
Des éléphants dans le parc d'Amboseli au Kenya, en août 2020.  (DANIEL IRUNGU / EPA)

C'est un fruit très prisé en Occident mais il menace la survie des éléphants. L'avocat est au cœur d’une controverse à Amboseli au Kenya, près de la frontière tanzanienne. A cet endroit, au pied du Kilimandjaroune plantation de 73 hectares est sortie de terre il y a quelques mois au cœur d’un corridor essentiel à la faune sauvage.

Aux portes d'une réserve pour animaux

Amboseli est un sanctuaire pour nombres d’espèces en voie de disparition, notamment les éléphants. Il y a le parc national, très prisé par les touristes, et tout autour des réserves gérées par les communautés locales. C'est précisément ici que l’on retrouve la Kili Avo farm, cette plantation d’avocats. "Kili Avo est juste là. C'est cette tache brune dans le paysage", nous montre Daniel Ole Sambu de la fondation Big Life. "La plantation d’avocats est pile au milieu du corridor pour les animaux. Dans cette région, nous avons plus de 2 000 éléphants mais le parc d’Amboseli ne peut nourrir qu’une centaine d’entre eux."

Plus d’un millier d’éléphants sortent du parc et se rendent dans les réserves où ils trouvent de quoi manger en suffisance. S’ils perdent cet espace, ils perdront leur source de nourriture et d’eau et ils mourront.

Daniel Ole Sambu

à franceinfo

Pour les défenseurs de l’environnement, l’agriculture à grande échelle ne peut pas être durable dans cette région aride et en proie au dérèglement climatique. Il faut 1 000 litres d’eau pour produire un seul kilo d’avocats et ce manque d’eau représente une autre menace pour les pachydermes.

Les Maasaï, les communautés locales, sont très inquiets. Ils vivent essentiellement de leurs bétails et du tourisme, grand pourvoyeur d’emplois et de revenu. Pour sauver leur mode de vie, il leur faut sauver ces animaux. C’est pour cela qu’ils ont créé ces réserves protégées.

Une décision de justice attendue 

Cependant, certains Maasaï ont décidé de vendre leur terre à des hommes d’affaires qui entendent désormais en tirer profit. "Ici c’est un terrain privé, raconte Jeremiah Shuaka Saalash, l'un des propriétaires de la ferme Kili Avo. Nous avons développé ce terrain car il était en friche depuis longtemps. On a planté 2 000 plants d'avocatiers environ. Tout le monde cherche à faire de l’argent. Nous, nous sommes novices sur le marché de l’avocat donc on tente notre chance". En 2020, les exportations d’avocats ont rapporté plus de 127 millions de dollars au Kenya.


Si ces plantations d’avocats ont pu s’installer sur des terres réservées aux animaux, c'est parce que les propriétaires ont obtenu l’autorisation de l’Autorité nationale de l’environnement, contrairement à ce que prévoit le plan territorial. Sous la pression des communautés locales, cette autorisation a finalement été levée. Les propriétaires ont décidé de poursuivre depuis en justice leurs détracteurs. Le tribunal doit rendre son verdict lundi 26 avril. Cette décision est très attendue par beaucoup d’investisseurs qui souhaitent installer d’autres fermes dans la région, ce qui signerait la mort de l’écosystème d’Amboseli, à l’ombre du Kilimandjaro.

Des éléphants dans le parc d\'Amboseli au Kenya, en août 2020. 
Des éléphants dans le parc d'Amboseli au Kenya, en août 2020.  (DANIEL IRUNGU / EPA)