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Au Kazakhstan, le lac Balkhach pourrait s'assécher à cause de la surexploitation de l'eau par la Chine

D'après une étude de chercheurs d'Oxford, le lac Balkhach pourrait connaître le même sort que la mer d'Aral et finir asséché à l'horizon 2050. Ils estiment que la Chine doit réduire sa consommation d'eau en amont pour éviter le pire.

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Vue aérienne du lac Balkhach au Kazakhstan.
Vue aérienne du lac Balkhach au Kazakhstan. (PATRICK BAZ / AFP)
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C'est tout simplement le plus grand lac de la région qui pourrait s'assécher à l'horizon 2050, d'après une équipe de chercheurs d'Oxford. Le lac Balkhach, situé au Kazakhstan au coeur de l'Asie centrale, prend la forme d’un croissant long de plus de 600 kilomètres. Il constitue l’une des principales sources d’eau douce de ce pays de 18 millions d’habitants relativement aride et présente également une particularité unique au monde : c'est un lac d’eau douce dans sa partie occidentale et d’eau salée dans sa partie orientale.

Son sort n'est pas encore définitivement tranché, d'après le site EurasianetD’après les centaines de simulations tenant compte de différentes évolutions climatiques possibles opérées par les chercheurs, il existe un moyen d’éviter son assèchement, mais cela implique une étroite coopération entre le Kazakhstan et son puissant voisin chinois.

Une augmentation de 30% des terres arables du côté chinois

Le bassin d’approvisionnement du lac est majoritairement constitué des apports des montagnes du Xinjiang voisin : la rivière Ili coule en direction du lac Balkhach qu’elle alimente à hauteur de 80%.

Mais depuis un peu plus d’une dizaine d’années, la Chine prélève une partie de cette eau pour irriguer ses rizières et ses champs de coton, deux types de cultures extrêmement gourmandes en eau. Entre 1995 et 2015, les terres arables du côté chinois de la frontière ont augmenté de 30%.

Cette utilisation des sols est incomparablement plus importante qu’au Kazakhstan pour qui le lac Balkhach constitue l’une des principales sources d’eau douce. Dans cette partie du monde, la gestion de l’eau revêt une importance déterminante, à l’heure où le réchauffement climatique fait fondre les glaciers chinois qui alimentent le lac. Les scientifiques sont formels, le débit de la rivière Ili est actuellement nettement insuffisant pour que le niveau du lac Balkhach puisse se maintenir.

Une coopération nécessaire entre les deux pays

Pour ces chercheurs, la Chine doit réduire drastiquement sa consommation d’eau pour éviter le désastre. Ils estiment que seule la coopération et une coordination dans la gestion de l’utilisation de l’eau douce entre Pékin et Noursoultan permettra d’éviter l’assèchement du lac Balkhach.

Il faudrait également que la Chine développe d’autres cultures moins gourmandes en eau dans cette province. Mais Pékin reste pour l'instant flou sur la situation agraire dans le Xinjiang, province où la Chine est accusée d’exploiter la main d’œuvre ouïghour dans les champs de coton ou dans les usines textiles.

Vue aérienne du lac Balkhach au Kazakhstan.
Vue aérienne du lac Balkhach au Kazakhstan. (PATRICK BAZ / AFP)