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Au Brésil, l'ancienne présidente Dilma Rousseff pourrait être élue sénatrice deux ans après sa chute

La présidente du Brésil destituée en août 2016 brigue un poste de sénatrice. Elle pourrait bénéficier de la défiance des Brésiliens à l'égard de la droite au pouvoir.

(EVARISTO SA / AFP)

Le 7 octobre prochain, le Brésil n’élit pas seulement un nouveau président, il renouvelle aussi son Parlement, avec 513 députés et 54 sénateurs. Pendant que Lula affronte la justice, l’ancienne présidente Dilma Roussef qui lui avait succédé renaît de ses cendres. Elle brigue un poste de sénatrice dans un mois et étonnamment, cette ancienne pestiférée de la vie politique brésilienne caracole en tête des sondages.

On peut dire qu’elle renaît même s’il est vrai qu’elle a toujours été présente dans la vie politique. Dilma Roussef est en tête dans les sondages, et de loin, pour le poste de sénateur de son Etat natal, le Minas Gerais. Cette position s’explique par le fait que la vision des Brésiliens sur leur ancienne présidente a bien changé en deux ans. On sait aujourd’hui que sa destitution était particulièrement injuste. Le crime pour lequel elle a été condamnée ne peut réellement être considéré comme un crime. Cette destitution apparaît donc à présent comme une manœuvre rudement bien menée par une poignée d’hommes accusés aujourd’hui de corruption pour prendre le pouvoir à une femme. De plus, cette destitution avait été votée par un Congrès très masculin et aujourd’hui très impopulaire.

Les parlementaires sortants très critiqués

Lors de ces élections, seule la moitié des parlementaires se représentent, une proportion exceptionnellement basse. Certains n’ont aucune chance d’être réélus parce qu'ils sont liés à des affaires de corruption et ne se sont pas représentés. Et puis les Brésiliens sont très critiques envers leurs parlementaires. En plus d’avoir voté en faveur de la destitution de Dilma Rousseff, ces élus ont protégé à deux reprises l’actuel président alors que la justice détenait de sérieux indices de corruption contre lui. Ils ont aussi voté plusieurs réformes très impopulaires au Brésil. Deux exemples : une récente loi qui encourage encore plus l’usage des produits chimiques dans l’agriculture et une réforme constitutionnelle qui gèle pendant 20 ans la dépense publique et la limite à l’inflation. Selon les économistes, la réforme est si radicale qu’elle pourrait empêcher le fonctionnement de l’État brésilien.

Sur les réseaux sociaux, on peut voir le désir des électeurs brésiliens de punir ceux qui ont appuyé ces lois. Des organisations non gouvernementales comme Greenpeace publient les noms des députés et des sénateurs qui les ont votées. Il est donc possible que de nouvelles têtes soient élues aux côtés de visages bien connus, comme celui de Dilma Roussef.

(EVARISTO SA / AFP)