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Le nucléaire a toujours le vent en poupe

La Commission européenne s'apprête à publier son nouveau Programme indicatif nucléaire, le premier sous la présidence de Jean-Claude Juncker. Malgré les incidents réguliers, malgré les risques et le coût des centrales vieillissantes, il serait encore plus favorable à l'énergie nucléaire que le précédent PINC, qui date de 2007.

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(Action de Greenpeace en 2014 à Fessenheim, la plus vieille centrale nucléaire de France © maxppp)
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"Illusoire" , "irresponsable" , "un déni complet de réalité" , et une "omerta" aussi bien sur les risques en matière de sécurité que sur les coûts réels de l’énergie nucléaire. Avant même la publication dans les prochaines semaines du "PINC 2016", le nouveau Programme indicatif nucléaire, présenté par la Commission européenne en vertu de l’article 40 du traité Euratom, les députés Verts au Parlement européen tirent à boulets rouges sur ce rapport d’autant plus attendu que le dernier date de 2007, réactualisé en 2008. Entre-temps il y a eu la catastrophe de Fukushima, et les promesses de la Commission de renforcer la sécurité, la responsabilité des exploitants, la "série noire"d’incidents notamment dans les centrales françaises, les fissures constatées dans les centrales belges, les protestations venues d’Allemagne, de Suisse, du Luxembourg…

Et pourtant, "le PINC 2016 s’annonce encore plus favorable à l’égard du nucléaire que le programme indicatif de 2007 , s’inquiète l'eurodéputé luxembourgeois Claude Turmes. Les chiffres systématiquement enjolivés montrent la volonté de la Commission de continuer à soutenir l’énergie nucléaire en Europe" . Avec Rebecca Harms, co-présidente du groupe des Verts au Parlement européen, il organise des conférences de presse pour mettre en avant le rapport contradictoire préparé par Yves Marignac et Manon Besnard de l’association Wise-Paris, sur la base des informations qui ont déjà filtré du côté de Bruxelles et qui démontre le non-respect des engagements pris, notamment la rupture avec le principe du "pollueur-payeur" .

L'eurodéputée française Michèle Rivasi, fondatrice de la CRIIRAD, vice-présidente du groupe des Verts, membre de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, également membre de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie du Parlemnent européen pointe la responsabilité des autorités françaises, la persistance d'une politique "irresponsable et qui ne va pas dans le sens de l'histoire" Son collègue Dominique Riquet du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, également membre de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie, en appelle à être "prudent, mais rationnel" . Pour lui il faut certes développer les énergies renouvelables, mais il serait illusoire et "pas raisonnable au sens étymologique" de penser que l'Europe puisse se passer complètement du nucléaire.

(Action de Greenpeace en 2014 à Fessenheim, la plus vieille centrale nucléaire de France © maxppp)