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La transparence des flux financiers permettrait de réduire l'aide au développement

L'Union européenne, lauréate du prix Nobel de la Paix, est le premier contributeur mondial de l'aide au développement, et la France l'un des Etats membres les plus généreux (avec l'Allemagne et le Royaume-Uni). Pour Pascal Canfin, ministre français en charge du développement, davantage de transparence dans les flux financiers permettrait aux pays du Sud de collecter l'impôt qui leur revient, et donc d'être moins dépendants de l'aide publique. L'ancien député européen des Verts participe aux Journées Européennes du Développement les 16 et 17 octobre à Bruxelles.

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"Nous sommes fiers que l'Union européenne soit le premier fournisseur au monde d'aide au développement et d'aide humanitaire, et se tienne aux avants-postes des efforts mondiaux pour protéger notre planète à travers la lutte contre le changement climatique", a réagi le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, à l'annonce du prix, saluant un Nobel de la paix qui rend hommage aux valeurs de l'Union.Et de fait, les 27 fournissent plus de la moitié de l'aide publique mondiale au
développement, soit plus de 50 milliards d'euros par an. 20% de
ces financements européens sont français; la France est le deuxième financeur du Fonds européen de développement,
après l'Allemagne.Pascal Canfin, ministre français en
charge du développement, ancien eurodéputé du groupe des Verts, estime qu'il ne faut pas se focaliser sur l'objectif de 0,7% du PIB d'ici 2015, mais qu'il faut beaucoup plus travailler sur la question de l'efficacité de l'aide, y compris au service du développement durable. Il souhaite par ailleurs renforcer la capacité des pays du Sud à collecter la part d'impôts qui leur revient mais leur échappe jusqu'à présent, et donc à avoir de moins en moins besoin d'aide, surtout en cette période de restriction
budgétaire. Il demande plus de transparence dans les flux financiers et notamment
les investissements des multinationales européennes dans ces pays du Sud. Pascal Canfin souligne que la France est en pointe dans ce combat. Elle soutient la directive européenne actuellement en cours de négociation entre le Parlement européen et les Etats memebres, qui devrait être approuvée avant la fin de l'année. Le ministre français le rappellera
à l'occasion des Journées Européennes du Développement à Bruxelles. Il en fera aussi l'une des priorités des Assises du développement et de
la solidarité internationale qu'il pilotera à partir de la fin du mois d'octobre et qui permettront de dialoguer avec l'ensemble des acteurs du développement, les ONGs et la société civile, jusqu'au printemps
prochain. Il souligne que dans un monde idéal, la finalité de l'aide publique
est de s'éteindre. En attendant la France a annoncé qu'elle allait consacrer au moins 10% de sa
taxe sur les transactions financières à l'aide au développement et à la lutte contre les fléaux sanitaires et les pandémies. Cela représentera environ 160 millions d'euros, précise Pascal Canfin.**
 

 

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