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Ce qu'il faut savoir sur le muguet, dont soixante millions de brins sont vendus chaque année

Tous les matins, Marie Dupin se glisse dans la peau d'une personnalité, d'un événement, d'un lieu ou d'un fait au cœur de l'actualité.
Article rédigé par franceinfo - Marie Dupin
Radio France
Publié
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Vente de muguet à Périgueux à l'approche du 1er mai. (ROMAIN LONGIERAS / HANS LUCAS)

Un brin de muguet porte bonheur à l’odeur de printemps qui s’installe. Le muguet, symbole du 1er mai trouve ses racines déjà dans l’Antiquité où l’on célébrait la fin de la saison sombre et l’arrivée de la saison claire. On dit que le roi Charles X aurait eu l’habitude d'en offrir chaque printemps aux dames de la cour. Mais, pendant longtemps, c’est l’églantine rouge qui lui faisait concurrence comme symbole du 1er mai, en hommage à Fabre d’Eglantine inventeur du calendrier révolutionnaire.

Eglantine bien trop rouge et associée au communisme pour le maréchal Pétain qui décide en 1941 que c’est le muguet qui serais désormais officiellement associé à la "fête du travail et de la concorde sociale". Une fête supprimée à la Libération avant que soit instauré un an plus tard un jour férié payé le 1er mai dont le muguet est resté le symbole.
 

Des dizaines de millions d’euros de chiffre d’affaires


 
A raison de deux ou trois euros le brin cette année, pour soixante millions de brins vendus le muguet représente chaque année des dizaines de millions d’euros de chiffre d’affaires pour l’industrie de la fleur, le muguet sauvage ne représentant plus que 10% des ventes. Timide muguet sauvage qui tente de se cacher dans les sous bois pour tenter d’éviter d’avoir les racines arrachées par les promeneurs et les revendeurs.

Le muguet est surtout désormais cultivé dans plus de 80% des cas dans la région nantaise, sous de grandes serres qui permettent de le protéger des aléas climatiques, gros consommateur d’eau et d’engrais, cueilli par des milliers de saisonniers avant d’être conditionné "au frigo" avant d’être transporté par camion réfrigérés. Tout ce bazar et cette consommation d’énergie et de produits phytosanitaires pour l’empêcher de faner avant la date fatidique, pour que les petites clochettes blanches soient au top le Jour J. A l’heure du réchauffement climatique, de la sécheresse et de la fin proclamée de l’abondance on peut se demander si tout cela, pour le muguet, n’est pas un brin exagéré.
 

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