Augmentation du prix du ticket de métro pendant Paris 2024 : "C’est toujours l’usager qui est mis à contribution", dénonce la Fnaut

Le prix des tickets de métro à Paris va quasiment doubler et la Fédération nationale des usagers des transports estime que ce sont les voyageurs qui vont payer le surcoût engendré par les JO.
Article rédigé par Marie Dupin
Radio France
Publié
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Le prix du ticket de métro à Paris va quasiment doubler pendant les Jeux olympiques. Photo d'illustration. (DELPHINE GOLDSZTEJN / MAXPPP)

On l'a appris cette semaine, le ticket de métro passera en Île-de-France de 2,10 euros à 4 euros l’unité par jour pendant les Jeux olympiques et le carnet à 32 euros contre 16,90 euros. Une hausse considérable censée financer le surcoût lié à la forte affluence pendant les Jeux olympiques. Le "juste prix", selon la présidente de la région Île-de-France qui assure que tout sera fait pour que les "voyageurs occasionnels" achètent leur titre avant le 20 juillet et le début des Jeux, "afin de ne pas être impactés" par ces augmentations.

Mais pour Bruno Gazeau, le président de la Fédération nationale des usagers des transports (la Fnaut), "c'est toujours la même rengaine, quand ni l’État ni les collectivités ne veulent mettre la main à la poche, en l’occurrence cette fois pour le cas très particulier du surcoût engendré par les JO, c’est toujours l’usager qui est mis à contribution", explique-t-il. Et il cite le plan de 100 milliards d’euros annoncé par le gouvernement pour développer le ferroviaire notamment les RER, les trains régionaux, en février dernier. Un plan annoncé en grande pompe, censé être financé par des fonds publics français et européens mais aussi par la SNCF, sans qu’on sache réellement à quelle hauteur, si ce n’est que ce ne sera pas sans effet sur le prix des billets. "Encore une fois, ce sont les voyageurs qui devront mettre la main à la poche, et on peut s'attendre à une hausse des billets lors du vote du budget de la SNCF avant la fin de l'année", poursuit Bruno Gazeau.

Un choix politique sur le juste prix des choses et le bien commun

En France, les transports en commun par nature non soutenables économiquement, TGV mis à part, restent très largement subventionnés. Les usagers ne paient au plus que 30% de leurs tickets de transports, mais les modalités et les sources de financement sont de plus en plus multiformes. Une quarantaine de villes en France ont déjà opté pour la gratuité pour tous, d’Aubagne à Dunkerque en passant par Compiègne. D’autres misent sur la gratuité pour ceux qui en ont besoin, pour les jeunes, ou certains quartiers.

Les politiques publiques sont très variables en fonction des collectivités et des pays. La France investit, selon la FNAUT, "deux à trois fois moins dans ses transports en commun que ses voisins européens". Les associations réclament d’ailleurs le développement de nouvelles sources de financement pour réduire les prix, comme une baisse de la TVA, ou une taxe sur les billets d'avion. Après tout, si le ticket de transport est subventionné, les autres modes de déplacement individuels ne sont-ils pas, eux, largement défiscalisés ? L’État n’a-t-il pas accordé huit milliards d’euros de baisses de taxes sur l’essence l’été dernier, l’équivalent de ce que paient chaque année les entreprises et les administrations pour les transports publics via le versement mobilité, cette contribution patronale versée par toutes les entreprises qui emploient au moins 11 salariés ? Finalement, le financement des transports publics ne relève, comme toujours, que d'un choix politique, avec en toile de fond un débat important sur le juste prix des choses et sur le bien commun.

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