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Euronaval : le rendez-vous mondial de la défense navale

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Euronaval, qui s'est tenu cette semaine à Paris - Le Bourget, est le plus grand rendez-vous mondial de la sécurité maritime et de la défense navale. Nous sommes allés à la rencontre de ces femmes et de ces hommes soldats des mers, mais aussi à la découverte de métiers aussi divers et passionnants que chasseurs de go fast, enquêteurs sub-aquatiques et archéologues sous-marins.
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Radio France
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Du
sous-marin furtif aux drones-torpilles, les matériels les plus sophistiqués
sont présents à Euronaval. Même en temps de paix, les nations doivent assurer
le contrôle et la sécurité de leurs territoires, notamment pour la France qui
possède le deuxième domaine maritime mondial, avec ses onze millions de
kilomètres carrés.  

Michel Aymeric** est secrétaire général de la Mer, chargé de
la coordination des missions maritimes. Il nous décrit les différentes missions qui vont de la sécurité en mer jusqu'à la surveillance des pollutions, ou encore le contrôle des trafics illicites. Au total plus de 50 missions sont assurées
par de nombreux organismes relevant chacun de ministères différents.

Il est bien difficile de distinguer la gendarmerie
nationale
dépendant du ministère de l'Intérieur et exerçant une activité
maritime, de la gendarmerie
maritime
dépendant de la Défense et exerçant une activité nationale.

Le lieutenant-colonel** Henri-Georges Rul nous explique le rôle et les moyens dont la gendarmerie maritime dispose : ce corps relativement restreint, puisqu'il est constitué de 1.100 militaires dont 300 navigants, remplit sa mission de police administrative et judiciaire, du littoral jusqu'à la haute mer. En 2012, les gendarmes maritimes se sont distingués en interpellant des trafiquants en Guyane et des immigrés clandestins au large de Mayotte.

Depuis 2010, la gendarmerie nationale est rattachée au Ministère de l'Intérieur.

Le lieutenant-colonel Antoine Lerch précise que les 250 gradés, dont elle est constituée, interviennent dans la bande des trois milles nautiques pour des missions de police administrative ou judiciaire, en complément de l'action des autres administrations que sont les affaires maritimes, la Marine nationale et les douanes. Les missions des gendarmes sont variées : contrôle de la pêche, enquêtes judiciaires et surveillance des parcs ostréicoles. La plupart des personnels ont la double compétence de pilote de bateau et d'enquêteur sub-aquatique. Plongeurs spécialisés, ils sont habilités à faire des constatations judiciaires sous l'eau, notamment lors des inspections d'épaves.

Quant à la surveillance des trafics en tout genre, elle incombe aux douaniers.

Anne Cornet, sous-directrice des moyens aéro-maritimes de la Douane, gère un parc d'hélicoptères, d'avions, de patrouilleurs et autres embarcations spécialisées. Les 800 douaniers marins et les 200 aériens accomplissent des missions de service public, de recherche de pollutions maritimes et de lutte contre les trafics. La poursuite des go fasts est particulièrement difficile : ces narco-trafiquants pilotent des bateaux ultra-rapides. Mais les derniers équipements de la Douane sont montés en gamme et en efficacité. 

En appui de tous ces services : la Marine nationale qui, malgré la restriction de ses moyens, reste la plus puissante d'Europe. Elle est le maillon essentiel de ces activités concourant à l'action de l'Etat en mer  et à la fonction de garde-côte.

Le commissaire en chef de 1ère classe Thierry de la Burgade, coordonne les "actions de l'État en mer" au sein de l'état-major de la Marine. Il nous détaille les résultats de l'année 2011, notamment le nombre d'interpellations.

La Direction des affaires maritimes (DAM), fondée sous Louis XIV par Jean-Baptiste Colbert, est pilotée par le Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des transports et du logement. 

Elle assure également la sécurité et la sûreté maritimes, la lutte contre la pollution par les
navires, l'enseignement de la Marine marchande, l'organisation des secours et l'encadrement de la navigation de plaisance.

C'est un beau mille-feuille, mais qui n'est pas spécifique à la France, et sur le terrain "ça se passe bien ", nous dit le secrétaire général de la mer.

Il existe également des services transversaux, comme le SHOM : le service hydrographique et océanographique de la Marine qui édite entre autres les cartes marines, comme nous l'explique sa chargée de développement Bénédicte Ezvan-André.**

Le DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines) a été créé en 1966 par André Malraux et relève du ministère de la Culture. Le DRASSM vient de faire l'acquisation d'un nouveau bateau qui permettra de surveiller et d'identifier des sites ou des épaves. Hélène Bernard, ingénieure, nous explique que le potentiel des épaves est chiffré à plus de 20.000, rien que pour le littoral de la Métropole.

Dispersés dans beaucoup de ministères, ces
fonctionnaires au service de l'État, sans
oublier les 5.000 bénévoles des sauveteurs en mer, ont tous la passion de
la mer.

Compte tenu de ces nombreuses administrations concernées, on n'est pas prêt de voir émerger un service de garde-côtes européen.

 

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