Cinq jours à la une, France info

Un enfant à tout prix : un "bébé Thalys"

La Belgique : l'eldorado pour un grand nombre de couples interdits d'enfants en France soit à cause de leur âge soit à cause de leur orientation sexuelle. Sophie et Eric ont jeté leur dévolu sur Bruxelles. Ce couple de quadragénaires alsaciens devrait bénéficier d'un don d'ovocytes.

(©)

C'est au deuxième étage de l'hôpital Erasme,
dans la clinique de la fertilité, que Sophie et Eric ont rendez-vous avec le
docteur Delbaere pour une fécondation in vitro avec don d'ovocytes. Sophie a
bientôt 44 ans, en France elle a dépassé l'âge légal pour une telle pratique.
Comme des milliers de Françaises chaque année, elle voudrait concevoir ce que
l'on appelle un "bébé Thalys ", du nom du train qui relie Paris à Bruxelles.

Une aventure qu'elle vit avec sa demi-sœur et
son compagnon. Celle-ci, mère de famille de 31 ans, a tout de suite accepté,
chose impossible en France, de donner un ovocyte : "Ce n'est qu'une
graine
", explique-t-elle, "ce ne sera pas mon enfant, c'est elle qui
le portera
".

"Les Français représentent 15% de nos
patients" (Docteur Delbaere de l'hôpital Erasme)

Contrairement à la France, la Belgique
accepte également de venir en aide aux couples homosexuels et aux femmes
célibataires d'où l'affluence des Français. "Au sein de la clinique de la
fertilité, ils représentent 15% des patients
" précise le chef de service,
le docteur Delbaere. "Il leur faut beaucoup de courage pour venir ici,
c'est un parcours long et coûteux
" ajoute-telle.

Eric et Sophie ont prévu
de débourser 5.000 euros pour couvrir les frais médicaux mais aussi de
déplacement des deux couples. Eric, un cadre de 41 ans, a mis de l'argent de
côté, il est prêt à aller encore plus loin pour assouvir son désir d'enfant
"pourquoi pas faire appel à une mère porteuse si notre tentative belge ne
marche pas
" lance-t-il.

"Un espoir qui a une chance sur quatre d'aboutir"

Sophie, elle, ne s'avance pas autant. Après une
heure et demie d'entretien avec la psychologue, le dernier rendez-vous de la
journée, cette blonde élancée est soulagée et visiblement fatiguée. Elle ne
pense pas à la suite pour le moment : "Je veux me focaliser sur ce
petit point d'espoir. Un espoir qui a une chance sur quatre d'aboutir. C'est
déjà ça !
".

(©)