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Réchauffement climatique : quelles conséquences sur le vignoble ?

Après un printemps frais et pluvieux, de nombreux viticulteurs ont subi les affres de la grêle cet été. A l'heure où se font normalement les vendanges, ils tentent comme ils peuvent de se maintenir à flot. Dans l'Entre-deux-Mers près de Bordeaux, Ludovic Barthe s'apprête à mettre ses vignes en "location" pour sauver son exploitation.

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Six semaines après, Ludovic Barthe
peine encore à évoquer cette soirée du 2 août. La tablée familiale au milieu
des vignes, le ciel qui jaunit et s'assombrit, les 20 minutes d'un
"déluge " de grêle "jamais vu ", l'effroi des enfants et puis
"l'hiver ". Des vignes dénudées, toutes feuilles a terre. Un tapis de
grêle, "comme de la neige ", sur lequel le vigneron roulera de
parcelle en parcelle. 45 ha sur 50 sont détruits à 100%. Comme la plupart de
ses collègues de l'Entre-deux-Mers, le propriétaire du Château Grand Bireau n'a
pas d'assurance.

C'est
alors l'abattement. Dernier d'une lignée de sept générations de viticulteurs, le
quadragénaire veut tout arrêter. Il quitte la propriété. Trois semaines loin de
l'odeur de feuilles en putréfaction qui lui est devenue insupportable. Au
retour, des proches le dissuadent. Il ne peut faire un trait sur le domaine
familial. Encore moins sur les dernières années qu'il a consacrées à sa conversion en
biodynamie.

Entre 250.000 et 300.000 euros de pertes

Au
mois d'octobre, il vendangera donc la petite parcelle épargnée. Il a aussi pu
racheter des raisins à un collègue. Il vinifiera du blanc. Mais l'épisode
estival garde un coût. Entre 250.000 et 300.000 euros. Même si les banques font
un geste, Ludovic Barthe a décidé de se tourner vers un autre moyen de
financement. Il veut "louer " sa vigne. Toute personne intéressée
devrait bientôt pouvoir investir sur sa propriété. Elle recevra ensuite pendant
10 ou 20 ans un nombre de bouteilles proportionnel à son apport.

Pour compléter ses revenus, le vigneron de Daignac
songe aussi à devenir consultant, pourquoi pas à l'étranger. Il va enfin et
surtout s'assurer contre la grêle. "Le climat change , dit celui qui avait
toujours parié sur le fait qu'il passerait entre les grêlons, il faut penser à
sécuriser collectivement nos entreprises
".

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