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La glisse extrême a la cote

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Ce sont des sentiers de plus en plus battus. Le hors-piste, récemment rendu plus accessible par l'évolution des skis. Le snow park,  site aux énormes bosses, où sont tentées toutes les acrobaties. Deux disciplines qui ne sont pas sans risque. Et pendant lesquelles beaucoup d'adeptes adorent se filmer.
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Radio France
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C'est un vieux routier du hors-piste. André Bianchini, la cinquantaine grisonnante, répète les consignes de sécurité avant d'emmener son groupe en "freeride". Fonctionnement de l'appareil de recherche de victimes d'avalanches, l'Arva, vérification des pelles et de la sonde. A la sortie du télésiège, face au massif des écrins, il s'élance d'un peu plus de 3.000m d'altitude. Pas par les chemins dammés, mais par là où personne n'est passé. Enfin presque. Les pentes vierges se font de plus en plus rares.

C'est qu'à Val Thorens comme ailleurs le "freeride", la glisse hors-piste, est prisé. L'évolution du matériel, avec des skis plus larges et plus souples, a rendu la poudreuse beaucoup plus accessible. Louis, un des élèves d'André Bianchini, apprécie ainsi une neige "plus légère, plus profonde ". Et le cadre, un peu à l'écart des remontées mécaniques.

1/3 des secours héliportés effectués au snow park

Gare toutefois à ne pas faire n'importe quoi rappelle Jean-Marc Chabert, le chef des pisteurs. L'an passé un saisonnier englouti dans une avalanche a bien failli y rester. Il n'était pas équipé de l'indispensable Arva. 

Autre endroit sensible de la station, le snow park. Une piste où ont été modelés d'immenses bosses. Les adeptes du "freestyle" s'y adonnent à des sauts parfois périlleux. "Atteintes au rachis [colonne vertébrale] cervical, dorsal, lombaire ; fracture de bassin, de fémur ; traumatisme crânien avec séquelles, hémorragie interne..." la liste des blessures à déplorer sur le site est longue. Il y a deux ans, raconte Jean-Marc Chabert, 1/3 des secours héliportés de Val Thorens ont été effectués au snow park. Une amélioration de la signalisation a depuis été entreprise.

Adeptes de caméras embarquées, voire de drones

Phénomène aggravant, d'après le directeur du service des pistes : les caméras embarquées. De plus en plus de skieurs et de snowboarders en arborent sur le casque, le torse, ou au bout d'une perche. "Ça pousse à l'exploit et à l'accident , regrette Jean-Marc Chabert, parce qu'on  veut faire comme sur la vidéo qu'on a vue sur Internet ".

Adepte de la caméra fixée sur le casque, Christopher, 27 ans, le reconnaît. "Quand tu as une cam', c'est sûr que ça te pousse un peu plus. Comme ça tu peux montrer [la vidéo] à tes potes. C'est vrai qu'il y a aussi un petit côté narcissique ". Pour élargir leur point de vue, les amateurs de vidéos de leurs acrobaties peuvent cette saison se payer les services d'un drone-filmeur. Cinquante euros le quart d'heure. Ce n'est pas tout à fait "free". 

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