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L'école des futurs écrivains

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Une nouvelle filière a fait récemment son apparition dans les universités françaises: les masters de création littéraire. Très répandu aux Etats-Unis ou en Angleterre, le cursus -qui forme les étudiants à l'écriture- était jusqu'alors quasiment inexistant dans l'Hexagone. Depuis la rentrée de septembre, l'université Paris VIII-Saint Denis, propose ce type de formation.
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Radio France
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Les 20 étudiants du master, âgés de 23 à 30 ans, viennent de toute la France. Ils ont de 10 à 15 heures de cours par semaine : littérature, ateliers d'écriture, rencontres avec des romanciers... "J'ai envie d'écrire, j'aime beaucoup ça ", explique Anna, 23 ans, originaire de Rennes. "Moi, je suis venu chercher du temps parce que c'est difficile de prendre le temps d'écrire quand on travail ou quand on est étudiant ", raconte Aurélien.

Ici, on ne propose pas la recette miracle du roman à succès, mais on dissèque, on décortique l'écriture. "Je n'essaie pas de créer des talents nouveaux, les étudiants sont déjà dans la pratique de l'écriture. On essaie de convertir leur talent, de le déployer ", affirme Olivia Rosenthal, la créatrice et responsable du master.

Des séances de lecture parfois éprouvantes

Pour intégrer la filière, les étudiants ont dû présenter un projet. Poèsie, essai, fiction, peu importe le style littéraire. C'est sur cette ébauche qu'ils planchent pendant deux ans. Régulièrement, les étudiants présentent leur travail au groupe. Les séances de lecture sont parfois éprouvantes explique David, étudiant de 28 ans originaire de Seine-et-Marne. "Je n'avais jamais fait lire mes écrits autour de moi, je n'étais pas trop à l'aise. On se dévoile et ça m'aide pas mal, c'est un travail de déshinibition. "

Après Toulouse et Le Havre, Paris VIII-Saint Denis est la troisième université française à proposer un master de création littéraire. Pour Vincent Message, maître de conférence et écrivain, la filière est venue combler un vide. "C'est le seul art qui n'a pas d'école. Le cinéma, le théâtre, la danse ont tous leurs écoles. C'est important de créer ce genre de cadre pour sortir de la solitude qu'on subit. "

Il faudra attendre juin 2015, fin de la formation, pour dresser le bilan de cette première promotion. Face au succès rencontré, les créateurs du master envisagent dès la rentrée prochaine d'augmenter les effectifs de la filière.

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