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Ils ont ressuscité le bon vieux cartable

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Le deuxième épisode de notre feuilleton consacré aux produits "vedettes" de la rentrée des classes. D'où viennent-ils ? Comment sont-ils produits ? Après le stylo bille lundi, focus sur le cartable avec la success story du Tann's.
Article rédigé par
Radio France
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 (©)

De nombreux trentenaires et
quadragénaires se souviennent de la fameuse publicité pour les cartables avec
des bruits de cour de récréation et une sirène criant "t'as ton
Tann's
". C'était un cartable bicolore en daim et cuir. Les parents
l'aimaient parce qu'il durait. Les enfants l'adoptaient. Jusqu'aux années 90 :
la marque fait faillite, éclipsée par les flots de cartable plastiques, moins
chers et disponibles en supermarchés. Nostalgiques, deux cadres trentenaires
Fabrice et Benjamin ont fait il y a quelques années le pari de  ressusciter la marque traditionnelle.

"C'est parti d'une simple
discussion nostalgique un soir entre celui qui allait devenir mon associé, nos
deux épouses et moi. On se souvenait des choses qui avaient marqué notre
enfance comme le jus de fruit Tang, le dessin animé Goldorak, l'émission
RécréA2... Et on s'est aperçu qu'on se souvenait tous les quatre avec plaisir
de nos cartables d'écoliers Tann's en cuir dans lesquels on glissait cahiers,
goûters et sacs de billes. On a enquêté dans notre entourage et découvert que
beaucoup de personnes de notre génération s'en souvenaient aussi et avec
affection. Alors on s'est dit qu'il fallait tenter de faire renaître la marque
",
se souvient Fabrice Raffo. 

Le plastique
recyclé a remplacé le daim

Avec son associé, Benjamin Prades,
il récupère la licence auprès de Le Tanneur, la marque de maroquinerie qui
l'avait créé dans les années 70. Tous deux se retroussent les manches. Et cela
fonctionne plutôt. Ils ont vendu 40 000 cartables en 2009, et 200 000 pour
cette rentrée 2013.

Dans l'entrepôt de la marque dans le
quartier de la Valentine à Marseille, on découvre des cartons par centaines.
Julien Jonneau, le directeur artistique explique que "si l'esthétique
sobre du cartable à deux couleurs a peu changé, les matières ont en revanche
été allégées et modernisées
". Le daim et le cuir ont disparu,
remplacés par un plastique écologique issu du recyclage de bouteilles jetables.
Une matière résistante mais moins lourde. "On a gagné plus d'un kilo
quasiment entre le cartable original et celui d'aujourd'hui",
explique* 

  • le jeune homme. 

Made in China - Made in Taiwan

S'ils transitent par Marseille, ces
cartables sont produits en Chine et à Taiwan où Fabrice Raffo passe trois mois par
an. "Au départ de l'aventure, on a souhaité faire fabriquer nos
cartables en France. On a visité de nombreuses usines, notamment à Lyon et à
Auxerre. Mais l'équation était impossible. On souhaitait que le cartable reste
accessible. Et même pour un cartable de qualité, les parents ne sont pas prêts
à dépenser plus de 70 euros pour équiper leurs bambins. Et à ce prix là, on
n'arrivait jamais à imaginer une fabrication dans l'hexagone, ni même dans le
pourtour méditerranéen d'ailleurs. C'est à regret que l'on est parti en Asie
",
raconte Fabrice Raffo.

Le jeune patron dit réfléchir avec
son associé à la relocalisation de quelques uns de ses produits pour la
prochaine rentrée, dans atelier de Saint-Etienne. Mais cela implique
d'automatiser bien davantage la production, pour compenser le coût du travail
forcément plus élevé.

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