Chroniques du ciel, France info

Les 100 ans du transport aérien (1914 - 2014)

Abraham C. Pheil est inconnu du grand public. Pourtant cet américain est entré dans l'histoire, il y a 100 ans, le 1er janvier 1914, en devenant le premier passager d'un vol commercial. Pour profiter d'être le premier passager payant, il avait du débourser, aux conditions économiques de l'époque, la coquette somme de 400 dollars pour aller de Saint Petersburg en Floride à Tampa.  Les deux villes sont distantes de seulement   35 kilomètres. Le vol dura à peine 23 minutes à l'altitude d'un mètre cinquante.

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Abraham C. Pheil est inconnu du grand public. Pourtant cet américain est entré dans l'histoire, il y a 100 ans, le 1er janvier 1914, en devenant le premier passager d'un vol commercial. Pour profiter de ce privilège d'être le premier passager payant, il avait dû débourser, aux conditions économiques de l'époque, la coquette somme de 400 dollars pour aller de Saint Petersburg en Floride et non pas en Russie  à Tampa. Les deux villes sont distantes de seulement    35 kilomètres . Le vol dura à peine 23 minutes à l'altitude d'un mètre cinquante.

 
Abraham C Pheil était l'unique passager de l'hydravion biplan Benoist XIV sortit des ateliers de Thomas W.Benoist à Saint Louis.  Un pionnier que l'histoire a oublié puisque décédé à peine trois ans plus tard des suites d'un accident de la circulation. Quant au pilote, Tony Jannus, la mémoire collective l'a aussi effacé.

Et même, s'il était un peu tôt pour parler véritablement de transport aérien, son avènement n'est intervenu  qu'après la seconde guerre mondiale, ce 100ème anniversaire du premier vol commercial, est pour l'instant, passé relativement inaperçu, y compris Outre Atlantique. Mais il nous donne l'occasion de faire le point sur les perspectives à venir.

Selon l'Association du transport aérien international , IATA, basée à Genève, les compagnies aériennes s'acheminent cette année  vers l'un des meilleurs résultats de leur histoire avec des bénéfices cumulés qui devraient atteindre en 2013 près de 12,9 milliards de dollars contre 7,4 milliards, un an plus tôt.   Et pour 2014 , ces chiffres devraient être encore meilleurs proches  des 20 milliards de dollars.

Plusieurs facteurs sont avancés par IATA pour expliquer cette évolution plus favorable que prévue  : Une légère baisse des prix du pétrole et un impact positif des récents regroupements et fusions , la dernière en date étant celle d'American Airlines et d'US Airways.

Le trafic "passagers", lui, est en augmentation constante, encore un peu plus de 5% en 2013, ce sera à priori la même chose en 2014. Lors d'une récente conférence de presse, Tony Tyler, le directeur général de IATA, a expliqué, que dans le monde,  un avion commercial décollait en moyenne toutes les deux secondes,   ce qui représente à peu près 5700 passagers, transportés chaque minute.   Cette année, pour la première fois, le cap symbolique des 3 milliards de passagers transportés a été dépassé.

Les bénéfices les plus importants pour les compagnies américaines

Alors qui profite le plus de cette croissance ? A l'exception de l'Afrique, à l'ensemble des transporteurs aériens, avec d'importants bénéfices pour les compagnies nord-américaines, suivies par les asiatiques. Les compagnies du Moyen-Orient restent les championnes de la croissance avec un trafic en hausse de 10,8%. Quant aux compagnies européennes, elles progressent même si elles sont loin derrière les compagnies américaines.

**Des marges très faibles **

Pour autant, malgré ces prévisions de croissance très optimistes, le transport aérien n'est pas un secteur, où il est facile de gagner de l'argent. Pour reprendre, la formule du Britannique Richard Branson :

"Pour devenir millionnaire dans l'aérien, mieux vaut commencer par être milliardaire "

Le taux moyen de rentabilité nette des compagnies aériennes devrait péniblement atteindre 1,8% cette année. Pour simplifier a dit le patron de IATA, si l'on divise les bénéfices du secteur par les 3,3 milliards de passagers prévus en 2014, le profit par passager ne dépasse pas 6 dollars.

"Le Mc Donald's de Genève en fait autant en vendant quatre menus  Happy Meals avec 20% de marges", a lancé Tony Tyler et dénoncé au passage, le poids croissant des taxes , les problèmes d'infrastructures et le carcan de la réglementation.  

Le manque de rentabilité des compagnies aériennes n'est pas un problème nouveau. Il y a 100 ans, si Abraham Pheil avait accepté de débourser 400 dollars pour aller de Saint Petersburg à Tampa, le prix du billet sur cette courte liaison chuta rapidement à 5 dollars. Résultat, la petite compagnie du cesser ses activités au bout de seulement cinq mois.

Depuis 1945, le transport aérien a connu autant d'années déficitaires que bénéficiaires, mais au final, il n'a jamais gagné d'argent. D'où une sorte de paradoxe. Le secteur joue un rôle économique majeur à l'échelle de planète, c'est une activité stratégique, politique, qui malgré les crises, en tout genre, n'a jamais découragé les investisseurs. Au regard des sommes colossales investies, quand on voit le coût d'un 777 ou d'un A380,  six dollars de bénéfice par passager, on peut penser que pour être patron d'une compagnie aérienne, il faut soit être passionné ou complètement fou.

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