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Chroniques du ciel. Vent fort sur les aéroports, quelles conséquences pour les avions ?

Le vent est il un allié ou un ennemi pour les aviateurs ?

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Avion décollant d\'une piste de l\'aéroport de Nantes-Atlantique, décembre 2018. 
Avion décollant d'une piste de l'aéroport de Nantes-Atlantique, décembre 2018.  (MIKAËL ROPARZ / FRANCE-BLEU NATIONAL)

Pendant la tempête Miguel, cette semaine, quelques aéroports de l’ouest de la France ont dû être fermés quelques heures au trafic en raison des fortes rafales de vent. Était-ce dangereux ? Voici quelques éléments de réponse.

Pour les avions, la force du vent n’est pas un véritable problème en soi

C’est davantage sa direction et sa stabilité qui peuvent gêner les pilotes à l’atterrissage ou au décollage. Dans le nord de la France, la majorité des pistes sont orientées est-ouest, face aux vents dominants, ce qui dans la plupart des cas ne pose pas de difficulté particulière lors de mauvaises conditions météorologiques, mais contraint les pilotes à majorer la vitesse de l’avion. Les atterrissages deviennent plus délicats et plus inconfortables par vent de travers, lorsque le vent est perpendiculaire à la piste.

Dans ce cas, les pilotes sont alors contraints d’effectuer des approches en crabe, face au vent. Et à la dernière minute, au moment de toucher le sol, ils vont réaligner l’avion dans l’axe de la piste. Chaque avionneur fixe dans le manuel de vol du type d’appareil la composante de vent de travers à ne pas dépasser. Ensuite, il appartient au seul commandant de bord de choisir une autre piste, ou de se dérouter vers un autre aéroport mieux orienté, si la sécurité est engagée.

Si le vent est orienté dans l'axe de la piste, il constitue une aide au décollage

L'avion atteint plus vite la vitesse de sustentation, décolle plus court, monte plus vite, fait moins de bruit, consomme et pollue moins. Il en est de même à l’atterrissage où la distance nécessaire peut être divisée par deux. Si le vent est laminaire, pas de problème.

Par contre, s'il souffle par rafales, si sa trajectoire est gênée par une montagne, un hangar, une aérologie particulière, il faut être vigilant, car des cisaillements de vent peuvent se produire. Et là, il faut surveiller de très près la vitesse de l'avion et le risque d'un décrochage. Pour finir, une idée reçue, la remise de gaz, souvent mal vécue par les passagers, est une manœuvre sécuritaire. Ce que l’on apprend en priorité dans les écoles de pilotage. Elle fait d’ailleurs partie intégrante de la "check list" à effectuer avant l’atterrissage.

Au sol et en haute altitude, les régimes de vent sont différents

En croisière, les avions vont rencontrer les jet-streams. Sous nos latitudes, Ils soufflent d'ouest en est, ce qui explique pourquoi un vol New York/Paris demande en général une heure de moins qu'un Paris/New York.    

Avion décollant d\'une piste de l\'aéroport de Nantes-Atlantique, décembre 2018. 
Avion décollant d'une piste de l'aéroport de Nantes-Atlantique, décembre 2018.  (MIKAËL ROPARZ / FRANCE-BLEU NATIONAL)