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Chroniques du ciel. Qatar Airways tire son épingle du jeu

Au plus fort de la crise sanitaire, 90% de la flotte mondiale était clouée au sol. A contre-courant, une compagnie, Qatar Airways, a continué à voler, devenant entre avril et juin, la première compagnie aérienne mondiale

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Un Airbus A350 de Qatar Airways, sur le tarmac de l\'aéroport de Singapour.
Un Airbus A350 de Qatar Airways, sur le tarmac de l'aéroport de Singapour. (WALLACE WOON / EPA)

 Durant le printemps, la compagnie de Doha a rapatrié des milliers de voyageurs bloqués dans le monde entier et assuré quotidiennement plus d’une cinquantaine de vols vers de grandes métropoles internationales. Thierry Antinori, directeur de la stratégie de Qatar Airways s’en explique. "Nous avons continué à voler car c’était toujours possible sur plusieurs destinations, On voulait montrer au marché, à nos clients que nous étions une compagnie aérienne également présente dans les  mauvais moments et pas uniquement lorsque le soleil brille". "La taille du réseau a été réduite en fonction des pays qui étaient fermés au trafic. Sur nos vols réguliers, nous avons rapatrié des passagers. Des charters ont aussi été affrétés, par exemple de Koweït ou du Pakistan vers Doha pour attraper les correspondances vers le reste du monde".

"En avril, à un moment où les autres compagnies ne volaient pas, nous sommes devenus la première mondiale avec 17,8 % de parts de marché contre moins de 5 % un an plus tôt, selon les chiffres de IATA, l'association internationale du transport aérien".

Ce choix a également été motivé par la volonté de Qatar Airways, de profiter de l’absence de ses principaux concurrents dans la région pour gagner des parts de marché. Elle ainsi voulu prouver sa résilience face à l’embargo et à l’interdiction de survol de plusieurs pays du Golfe Arabo-Persique, décrétée depuis 2017.

"Qatar a prouvé sa résilience face au blocage et à l'interdiction de survol des pays en 2017, ce qui a généré des coûts d'exploitation supérieurs. Nous avons l’habitude de nous adapter".

Cette stratégie payante a permis à Qatar Airways de limiter ses pertes, grâce également l’utilisation de ses nombreux Airbus A350, un appareil parfaitement adaptés à la crise selon Thierry Antinori.

"Nous avons diminué de 50 % les pertes que nous aurions eues en clouant les avions au sol. Nous avons généré du cash couvrant les frais variables ou le coût opérationnel, à savoir le carburant, les taxes et redevances, les équipages, une partie de la maintenance Nous avons exploité des Airbus A350 et des Boeing 787 qui sont des plus petits avions plus faciles à remplir que les A380".

Dans un secteur totalement sinistré, Qatar Airways est ainsi devenu, entre avril et juin, la première compagnie aérienne mondiale

Un Airbus A350 de Qatar Airways, sur le tarmac de l\'aéroport de Singapour.
Un Airbus A350 de Qatar Airways, sur le tarmac de l'aéroport de Singapour. (WALLACE WOON / EPA)