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Chroniques du ciel. Brexit et compagnies aériennes : quelles conséquences ?

Le Brexit pour les passagers et les compagnies aériennes a déjà été anticipé. Des mesures ont été prises par Bruxelles pour maintenir les vols des compagnies reliant les deux côtés de la Manche pendant neuf mois, mais réglementation et sécurité vont prendre plus de temps.

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L\'aéroport de Nantes Atlantique. Le Brexit change la donne, mais des mesures d\'anticipation ont déjà été prises pour les compagnies et pour les passagers.
L'aéroport de Nantes Atlantique. Le Brexit change la donne, mais des mesures d'anticipation ont déjà été prises pour les compagnies et pour les passagers. (MAXPPP)

Pour l’instant, le Brexit ne change rien pour les compagnies aériennes britanniques. Depuis déjà longtemps, Bruxelles a défini des mesures qui permettent de maintenir les programmes de vols des compagnies reliant les deux côtés de la Manche pendant neuf mois, à la date de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Maintien des programmes de vols pendant neuf mois

Dans le cas contraire, ce Brexit aurait privé les compagnies britanniques de la possibilité de voler librement en Europe, et vers les pays avec lesquels ont été conclus des accords de ciel ouvert, comme avec les États-Unis depuis 2008. Sans accord, l’association internationale du Transport Aérien, (IATA) avait estimé, l’an dernier, que le Brexit, s’il était mené à terme, pourrait faire chuter de 3 à 5% le trafic à destination et en provenance du Royaume-Uni.

EasyJet a anticipé cette sortie de l’Union dès 2017 avec la création d’une filiale, basée en Autriche, qui lui permet d’assurer l’ensemble de ses vols intra-européens ou entre une destination européenne et un pays tiers, autre que le Royaume-Uni, un Paris-Toulouse, ou un Lisbonne-Berlin. Reste maintenant à trouver des accords bilatéraux, sur le plus long terme, et à régler le problème de la composition du capital des compagnies britanniques.

Le groupe IAG, par exemple, la maison-mère de British Airways, qui détient Iberia, Vueling, va devoir à terme "européaniser" son actionnariat. Les investisseurs britanniques vont réduire leur participation au capital, en dessous du seuil des 50%. Il en est de même pour Ryanair, et EasyJet.

Pour les passagers, pas de véritable changement

Pas de changement véritable en revanche pour les passagers puisque le Royaume-Uni ne fait pas partie de l'espace Schengen, qui autorise la libre circulation des personnes et harmonise les contrôles des voyageurs. En revanche, les passagers anglais voyageant en France ne pourront plus rapporter chez eux autant de marchandises en "franchise de droit". Pas d’inquiétude à avoir, non plus sur les droits des passagers.

Les passagers seront toujours protégés. Un vol retardé ou même annulé restera éligible à une indemnisation s’il a décollé d’une destination européenne. Les compagnies et les autorités compétentes ont donc neuf mois pour trouver des solutions à ce Brexit.

Ce qui risque de prendre un peu plus temps, ce sera la réglementation et la sécurité. Le Royaume-Uni va choisir entre reconstruire ses mesures de sécurité et de réglementation (les experts estiment que cela pourrait prendre jusqu'à 10 ans) ou rejoindre l'espace aérien européen commun dans le cadre de l'EASA en tant que pays tiers membre.         

L\'aéroport de Nantes Atlantique. Le Brexit change la donne, mais des mesures d\'anticipation ont déjà été prises pour les compagnies et pour les passagers.
L'aéroport de Nantes Atlantique. Le Brexit change la donne, mais des mesures d'anticipation ont déjà été prises pour les compagnies et pour les passagers. (MAXPPP)