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Six entreprises sur dix ont du mal à recruter

L'Insee prévoit un chômage en baisse d'ici à la fin de l'année mais pour le moment, une majorité d'entreprises françaises ont du mal à recruter.

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Une agence Pôle emploi à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
Une agence Pôle emploi à Nancy (Meurthe-et-Moselle). (ISABELLE BAUDRILLER / FRANCE-BLEU SUD LORRAINE / RADIO FRANCE)

La situation se tend sur le marché de l'emploi. Beaucoup d'employeurs disent qu'ils aimeraient recruter mais qu'ils n'y arrivent pas. Et côté candidats, on zappe très rapidement sur les offres d'emploi. L'Insee prévoit que le chômage va continuer de baisser pour passer de 8,7% à 8,3% à la fin de l'année. Les créations d'emploi s'accélèrent. Conséquence : les entreprises disent avoir du mal à recruter. Le tout dernier baromètre mené par Opinionway pour La Tribune, CCI France et LCI fait état de 60% de entreprises de plus de dix salariés qui ont des difficultés de recrutement. C'est particulièrement vrai dans l'industrie, devant la construction et le commerce.

Secteurs en tension

L'industrie devrait créer 17.000 postes cette année, elle avait déjà augmenté ses effectifs de 12 000 postes l'an passé, alors que l'emploi salarié dans l'industrie s'est effrité sans discontinuer entre 2001 et la fin 2016. Cela fait maintenant deux ans que l'industrie se remet à embaucher. Et c'est difficile de trouver des candidats, surtout dans les plus petites entreprises. La construction est dans la même situation. C'est dans ce secteur que les chefs d'entreprise disent avoir le plus de mal à recruter.


D'après ce baromètre La Tribune, ils ont largement recours à leur réseau personnel. La candidature spontanée est encore très appréciée. Il ne faut donc pas hésiter, alors qu'on pourrait croire que les sites d'emploi vampirisent tout, à contacter directement les entreprises, notamment dans les secteurs les plus en tension. Par mail, par courrier, sur les réseaux sociaux, il faut se manifester.
D'autant plus que les dirigeants sont particulièrement sévères avec les opérateurs publics de l'emploi, comme Pôle emploi, qu'ils jugent inefficaces pour plus d'un tiers d'entre eux.

45 secondes pour lire une annonce

De son côté, l'offre d'emploi n'échappe pas à une tendance : les chercheurs d'emploi sont aussi des internautes, et ils deviennent très exigeants. Les annonces doivent être attractives et lisibles rapidement. Dans un marché de l'emploi qui commence à donner le pouvoir aux candidats, elle doit se démarquer si elle veut susciter des réponses. Une étude menée par une agence d'intérim en ligne, Mister Temp, dit que la plupart des candidats ne passeraient que 45 secondes à "étudier" une annonce. Et la qualité de l'annonce ne suffit pas. Si elle retient leur attention, les candidats vont "googliser" l'entreprise pour se renseigner sur sa réputation. 85% disent que ce qu'ils vont trouver va avoir une incidence sur leur décision de postuler ou non.
En survolant les annonces, les chercheurs d'emploi se rapprochent des recruteurs qui, eux, passent encore moins de temps sur les candidatures : 34 secondes en moyenne.

Une agence Pôle emploi à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
Une agence Pôle emploi à Nancy (Meurthe-et-Moselle). (ISABELLE BAUDRILLER / FRANCE-BLEU SUD LORRAINE / RADIO FRANCE)