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Quand les avocats se font les ambassadeurs de leur entreprise sur les réseaux sociaux

C'est l'une des tendances du moment dans le monde de l'entreprise : profiter de la puissance des réseaux sociaux et faire de ses salariés des ambassadeurs, des influenceurs qui vont permettre à la marque de mieux se faire connaître. Tout ça bénévolement.

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Une femme consulte le réseau social Facebook.
Une femme consulte le réseau social Facebook. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

Quand on est une entreprise, il faut profiter de la puissance des réseaux sociaux et faire de ses salariés des ambassadeurs, des influenceurs qui vont permettre à la marque de mieux se faire connaître. N'allez pas croire que cette nouvelle stratégie est réservée à quelques start-up parisiennes. Cette nouvelle façon de communiquer, elle est en vogue à Pôle emploi, au Crédit Agricole, à la BPCE ou encore chez Allianz. Sans parler, à l'étranger, de grandes boîtes comme Starbucks, Reebok ou Dell.

À chaque fois, l'idée est la même : les salariés d'une entreprise ont toujours plus d'amis et de followers que l'entreprise elle-même. Une société de 100 salariés dispose en moyenne d'un peu plus de 4 000 followers. Si on y ajoute le réseau de ses collaborateurs, on monte à plus de 120 000. Un réseau qui vaut de l'or. Selon une étude américaine, utiliser ses salariés comme ambassadeurs, c'est la garantie de multiplier par 24 la notoriété de sa marque et de voir augmenter ses contacts commerciaux de 25%. On a bien plus confiance dans ce que poste un ami ou un contact que dans ce que publie une entreprise, a rappelé récemment une étude Nielsen.

Repérer les "employee advocates"

Première étape : repérer les salariés les plus actifs sur les réseaux sociaux. L'entreprise leur propose ensuite de devenir des ambassadeurs de la marque. On parle en bon franglais d'"employee advocacy" (vous lirez de plus en plus souvent cette expression). L'entreprise va aller adresser à ses nouveaux "avocats" du contenu. Chez Pôle emploi ça peut être une formation sur un métier en tension, le lieu d'un job dating, un salon, un métier à mettre en avant. Dans d'autres entreprises, ça peut être des études, des articles de presse, des informations sur la société. Au Crédit agricole, par exemple, le millier d'ambassadeur du groupe reçoit chaque jour une dizaine d'articles. Libre à eux de piocher dedans et de les poster, assortis d'un commentaire ou d'une analyse.

C'est important de le préciser, les salariés sont toujours volontaires et bénévoles. Ils ne reçoivent pas de prime ou de rémunération supplémentaire pour leur activité sur les réseaux sociaux au service de leur entreprise.

Leur intérêt est ailleurs. D'abord, comme ils reçoivent beaucoup d'informations, ils la diffusent et leur influence sur les réseaux sociaux monte en flèche. Leur "marque personnelle" prend de la valeur. Ils sont donc repérés sur le marché du travail et aussi en interne. En clair, c'est bon pour leur carrière, soit pour changer de boîte, soit pour prendre des responsabilités supplémentaires. Une stratégie à long terme, mais à la fin du mois, rien de changé sur la fiche de paye.

Une femme consulte le réseau social Facebook.
Une femme consulte le réseau social Facebook. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)